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La banqueroute hydrique globale : ce que le nouveau rapport de l’ONU ne dit pas

 

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Les robinets Ă  sec signent l’Ă©chec d’un systĂšme. Pourtant, la pĂ©nurie d’eau, enjeu universel, transcende les clivages. C’est une chance unique pour des sociĂ©tĂ©s divisĂ©es de se retrouver autour d’une action commune. (CrĂ©dit image: Andrew Hart | Global Water Bankruptcy Report 2026, p.59.)

Á propos du nouveau rapport de l’UniversitĂ© des Nations Unies (UNU) publiĂ© le 20 janvier 2026, Global Water Bankruptcy: Living Beyond Our Hydrological Means in the Post-Crisis Era. (La banqueroute hydrique globale : vivre au-dessus de nos moyens dans l’ùre de l’aprĂšs-crise hydrique.) Questions.

 

1. Un rapport pour un nouvel agenda mondial de l’eau ?

Le rapport (72 pages), venant de l’UniversitĂ© des Nations Unies (UNU), affirme Ă  plusieurs reprises : « Des termes tels que « stress hydrique » et « crise de l’eau » ne suffisent plus Ă  dĂ©crire les nouvelles rĂ©alitĂ©s mondiales en matiĂšre d’eau. De nombreux fleuves, lacs, aquifĂšres, zones humides et glaciers ont dĂ©passĂ© le point de basculement et ne peuvent plus revenir Ă  leur Ă©tat initial. Le terme « crise temporaire » n’est plus appropriĂ© dans de nombreuses rĂ©gions. » « Le cycle mondial de l’eau a dĂ©passĂ© les limites planĂ©taires sĂ»res. Tout comme le climat, la biodiversitĂ© et les systĂšmes terrestres, l’eau douce a Ă©tĂ© poussĂ©e hors de son espace de fonctionnement sĂ»r ». Le rapport de l’UNU reprend les analyses du groupe de recherche international de l’UniversitĂ© de Stockholm dirigĂ© par Johan Rockström, sur les neuf frontiĂšres planĂ©taires Ă  ne pas dĂ©passer, et dont une concerne spĂ©cifiquement l’eau (1), ainsi que le sens du message Bankrupting Nature de l’ouvrage publiĂ© en 2012 par les Ă©ditions Earthscan. Or, sept frontiĂšres, celle concernant l’eau incluse, ont Ă©tĂ© effectivement dĂ©passĂ©es. Le rapport de l’UniversitĂ© des Nations Unies conclut que « le monde vit au-delĂ  de ses moyens hydrologiques  » et « qu’il faut passer d’une stratĂ©gie de gestion des crises hydrologiques Ă  celle de la gestion d’une banqueroute du systĂšme hydrique humain et naturel. »

Cette idée estbien documentée par une masse de données impressionnantes agrémentées par des figures, des graphiques captivants. Sur une trentaine de pages.

2. Les « nouvelles normalitĂ©s » et prioritĂ©s du nouvel agenda mondial de l’eau

Le rapport argumente que la gestion de la banqueroute hydrique implique l’acceptation par les populations et leurs dirigeants des nouvelles rĂ©alitĂ©s de la vie, appelĂ©es « the new normals » (les « nouvelles normalitĂ©s »), telle que l’irrĂ©versibilitĂ© de la rĂ©duction quantitative et qualitative du capital naturel hydrique ainsi que des autres biens naturels essentiels pour la vie.

D’oĂč les prioritĂ©s « nationales » et internationales proposĂ©es en tant qu’axes d’inspiration et de validation du nouvel agenda mondial de l’eau pour gĂ©rer la faillite hydrique, Ă  savoir :

  • Diagnostiquer honnĂȘtement le stress, la crise et la faillite.
  • PrĂ©venir d’autres dommages irrĂ©versibles. Imposer des limites strictes aux activitĂ©s qui dĂ©gradent de maniĂšre permanente l’eau et le capital naturel sous-jacent.
  • Rééquilibrer les droits, les revendications et les attentes. Aligner les droits lĂ©gaux, les attentes informelles et les promesses de dĂ©veloppement sur la capacitĂ© de charge hydrologique dĂ©gradĂ©e, tout en garantissant en prioritĂ© les besoins humains fondamentaux, les services publics essentiels et les fonctions Ă©cosystĂ©miques critiques.
  • Assurer des transitions justes et protĂ©ger les personnes vulnĂ©rables. Concevoir des rĂ©formes de l’eau et de la terre afin que les agriculteurs, les Ă©leveurs, les peuples autochtones, les communautĂ©s rurales, les femmes, les jeunes et les citadins Ă  faibles revenus ne supportent pas seuls les coĂ»ts de l’ajustement. Recourir Ă  des compensations, Ă  la protection sociale et Ă  la diversification des moyens de subsistance pour soutenir les transitions vers des utilisations durables. Transformer les secteurs et les modĂšles de dĂ©veloppement Ă  forte consommation d’eau.
  • Aller au-delĂ  des gains d’efficacitĂ© marginaux dans l’agriculture, l’industrie et les villes pour Ă©voluer vers des changements dans les choix de cultures, les zones irriguĂ©es, les systĂšmes de production, le commerce virtuel de l’eau, les modĂšles de croissance urbaine et les stratĂ©gies Ă©conomiques rĂ©gionales qui dissocient la prospĂ©ritĂ© de l’utilisation toujours croissante de l’eau.
  • Lutter contre les prĂ©lĂšvements illĂ©gaux et informels et la dĂ©gradation de la qualitĂ© de l’eau et crĂ©er des institutions pour une adaptation continue. Mettre en place ou renforcer les autoritĂ©s de bassin et les organismes de rĂ©glementation dotĂ©s de mandats et d’outils, appliquer des plafonds, dĂ©clencher des ajustements.

Selon le rapport, la reconnaissance rĂ©aliste, contraignante, de la faillite hydrique mondiale pourra favoriser une mise en Ɠuvre plus efficace des objectifs convenus au niveau international, notamment l’Objectif du DĂ©veloppement Durable no. 6 (Garantir l’accĂšs de tous Ă  l’eau et Ă  l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau) dans le cadre d’une stratĂ©gie de l’adaptation allant au-delĂ  des stratĂ©gies sectorielles de la mitigation.

Dans ces conditions, l’eau pourra devenir « un pont pour la paix, les actions climatiques, la protection de la biodiversitĂ©, et la sĂ©curitĂ© alimentaire dans un monde en fragmentation croissante ».

Je crois que le lecteur aura intĂ©rĂȘt Ă  lire le rapport, pour bien comprendre, entre autres, les raisons de ma dĂ©ception m’amenant Ă  refroidir quelque peu mon enthousiasme initial. C’est que le constat correct sur la faillite hydrique mondiale n’est plus tel en raison du grand silence qui l’entoure concernant l’analyse des causes, implications et consĂ©quences, ainsi que des responsabilitĂ©s et responsables.

Ce silence ne permet plus de le considĂ©rer correct. Bien au contraire, il est source d’invalidation et de perte de crĂ©dibilitĂ© des analyses ainsi que des prioritĂ©s du nouvel agenda mondial de l’eau proposĂ© Ă  l’ONU.

3. Le grand silence

Le grand silence concerne de multiples aspects qui sont fondamentaux pour comprendre la nature de la banqueroute hydrique et son positionnement dans la faillite globale du gouvernement de la vie de la Terre. Le silence sur les responsabilitĂ©s et les responsables laisse la banqueroute sans mĂšres, sans pĂšres, sans complices, dans un Ă©tat d’une impunitĂ© gĂ©nĂ©rale.

Or, au cours des 70 derniĂšres annĂ©es, on a assistĂ© Ă  des grands chambardements du systĂšme sociĂ©tal Ă©conomique, social, politique et technoscientifique qui « ont changĂ© le monde », en particulier la politique de l’eau et de la vie, et ont conduit au monde fragmentĂ©, violent et profondĂ©ment inĂ©gal de 2025.

Notre but n’est pas de faire un procĂšs et de trouver des coupables. Mais de chercher « voir » les changements critiques du monde, les enjeux clĂ©s et les solutions appropriĂ©es dans l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral de tous les habitants de la Terre.

Silence 1. Sur l’inĂ©galitĂ© de la banqueroute hydrique

Le rapport ne dit pas que la banqueroute est inĂ©gale (et injuste) en raison de leur pouvoir Ă©conomique, politique et technocratique, une partie de la population mondiale ne souffre que de maniĂšre marginale de la rarĂ©faction/perte de l’eau, ainsi que des autres biens essentiels pour la vie tels que les sols, les forĂȘts, la biodiversitĂ©, l’air
 En outre, Ă©tant composĂ©e par les principaux propriĂ©taires producteurs, consommateurs et pollueurs des ressources naturelles de la planĂšte, cette partie a pu utiliser plusieurs moyens pour faire peser les principaux effets nĂ©gatifs sur les groupes sociaux et les pays les plus vulnĂ©rables et affaiblis.

Cela est bien documentĂ© par l’empreinte hydrique et l’empreinte Ă©cologique mesurant, l’une la quantitĂ© d’eau et, l’autre, l’ensemble du capital biotique renouvelable annuel consommĂ© par les populations de chaque pays, rĂ©gion, ville, pour satisfaire leurs besoins et gĂ©rer leurs dĂ©chets (2). A cet Ă©gard, un indice assez Ă©clairant des inĂ©galitĂ©s est « le jour du dĂ©passement », Ă  savoir le jour de l’annĂ©e oĂč la population d’un pays a « consommé » toutes les ressources naturelles nationales disponibles par an et entame l’utilisation du capital stock des ressources de la planĂšte (3).

Silence 2. Sur la question de la propriĂ©tĂ© et de l’appropriation

L’inĂ©galitĂ© n’est pas due Ă  des facteurs naturels mais Ă  des facteurs Ă©conomiques institutionnels politiques concernant le rĂ©gime de propriĂ©tĂ© des ressources et de leur gestion (publique, privĂ©e, mixte). On a constatĂ© que plus le rĂ©gime propriĂ©taire et gestionnaire obĂ©it Ă  une logique privĂ©e de rendements financiers et de conquĂȘte de marchĂ©, plus les phĂ©nomĂšnes de prĂ©dation (et dĂ©vastation) du capital biotique naturel (l’eau, les sols, les semences, les forĂȘts
) sont importants et dĂ©terminants. C’est le cas de l’accaparement des terres et de l’eau (4). Par prĂ©dation j’entends « l’ensemble des actes se traduisant par le vol et la dĂ©vastation de la vie (matĂ©rielle et immatĂ©rielle) violents de la communautĂ© globale de vie de la Terre, toutes espĂšces vivantes confondues (5). Ainsi, par exemple, il y a prĂ©dation, en cas :

– de mort prĂ©maturĂ©e de dizaines de millions de personnes ne bĂ©nĂ©ficiant d’aucune couverture de base pour la santĂ© (il y en avait plus de 4,5 milliards en 2024),

– de destruction de la vie de vastes territoires en raison de leur assĂšchement consĂ©quent Ă  la dĂ©forestation massive, Ă  la rarĂ©faction croissante de l’eau bonne pour la vie, Ă  la perte de la biodiversitĂ©,

– de l’accaparement de l’eau potable au dĂ©triment des besoins des populations locales (pour la santĂ© et les activitĂ©s Ă©conomiques locales) suite Ă  la construction de vastes complexes infrastructurels pour y accueillir les data centers dont ont besoin la digitalisation et la rĂ©industrialisation de l’économie mondiale par l’Intelligence Artificielle ont besoin. Or, les prĂ©lĂšvements d’eau pour refroidir l’énergie Ă©lectrique utilisĂ©e sont si Ă©levĂ©s que, trĂšs vite, les data centers ont assĂ©chĂ© les nappes phrĂ©atiques locales (6). RĂ©sultat ? Partout, les collectivitĂ©s locales s’opposent Ă  la localisation des data centers chez elles,

– la pollution chimique des cours d’eau, des lacs, des nappes phrĂ©atiques, des ocĂ©ans


La prĂ©dation est aussi prĂ©sente dans un rĂ©gime propriĂ©taire public Ă©tatique autoritaire, mais elle est plutĂŽt absente dans un État social Ă  dĂ©mocratie parlementaire et locale dĂ©centralisĂ©e, comme ce fut jadis le cas des pays scandinaves et c’est le cas aujourd’hui des systĂšmes Ă  Ă©conomie coopĂ©rative, communautaire (en AmĂ©rique latine, en Inde, entre autres 
)

Ainsi, c’est Ă©tonnant que le rapport ne fasse aucune rĂ©fĂ©rence non plus aux questions de propriĂ©tĂ© et aux rĂ©gulations, alors que ses auteurs savent bien que depuis une quarantaine d’annĂ©es le monde du business, de la finance et de la technoscience est parvenu Ă  imposer la grande vague structurelle en faveur des processus de libĂ©ralisation et dĂ©rĂ©gulation des marchĂ©, de privatisation et financiarisation spĂ©culative de la quasi-totalitĂ© des biens communs publics naturels que le rapport prĂ©fĂšre appeler « capitaux naturels ».

Silence 3. Sur la rĂ©duction de l’eau et de l’ensemble du monde naturel Ă  des « capitaux naturels » et, donc, « avoirs financiers », dans le cadre de la financiarisation de l’eau, de la nature et de la vie

Suite Ă  la crĂ©ation en l’an 2000 du premier fonds d’investissement privĂ© spĂ©cialisĂ© dans l’eau par la Banque suisse privĂ©e Pictet qui a fait rapidement des « petits » dans le monde entier, l’eau est de plus en plus devenue un domaine privilĂ©giĂ© par les investissements actionnaires Ă  haute rentabilitĂ©. Si bien que les fonds d’investissements dits « bleus » restent encore en 2025 parmi les investissements Ă  rendement supĂ©rieur Ă  la moyenne mondiale (7).

Selon les principes de l’économie de marchĂ©, plus le capital naturel eau devient rare, plus la valeur de l’eau en tant qu’avoir financier augmente
 mĂȘme si l’absence d’eau devait provoquer d’énormes problĂšmes Ă  la soutenabilitĂ© de la vie globale de la Terre. Et l’argent continue Ă  aller lĂ  oĂč l’argent est créé : la financiarisation de l’eau et de la nature a fait ces 20 derniĂšres annĂ©es des pas de gĂ©ants (8) jusqu’à la proclamation, en dĂ©cembre 2022, de tous les Ă©lĂ©ments du monde naturel en tant que « avoirs financiers », par la rĂ©solution finale de la COP15- BiodiversitĂ© de l’ONU Ă  MontrĂ©al (9).

Le concept de « capital naturel » appliquĂ© au monde naturel et repris par le rapport sans autre explication ni commentaire n’est pas anodin. Il traduit la volontĂ© des groupes sociaux dominants de considĂ©rer les Ă©lĂ©ments du monde naturel non seulement comme des marchandises et des biens Ă©conomiques privĂ©s mais, de plus en plus, comme des « avoirs financiers », c’est-Ă -dire une catĂ©gorie particuliĂšre de l’économie capitaliste de marchĂ©.

La rĂ©duction de la Nature Ă  des « avoirs financiers » constitue un vĂ©ritable vol de la Nature, une mystification dogmatique de la valeur de la vie. Ainsi, la COP15-BiodiversitĂ© a approuvĂ©, dans le but de promouvoir la conservation et la restauration des capitaux naturels de la planĂšte selon les Objectifs du DĂ©veloppement Durable de l’ONU pour 2030, de confier leur gestion Ă  une nouvelle catĂ©gorie d’entreprises, les Natural Capital Corporations (NCC) selon la formule 30+30. A savoir, confier aux NCC 30 % du capital naturel de la planĂšte dont 30 % parmi le plus endommagĂ© pour atteindre les Objectifs de 2030 ! (10). Joe Biden, alors prĂ©sident des États-Unis, s’est dĂ©clarĂ© favorable Ă  la rĂ©alisation du projet en confiant 30% du monde naturel de son pays. De son cĂŽtĂ©, la prĂ©sidente de la Commission EuropĂ©enne dans une dĂ©claration officielle triomphaliste publiĂ©e le lendemain des rĂ©sultats de la COP15 s’est fĂ©licitĂ©e pour le succĂšs de la COP et l’importance de ses propositions.

On se demande Ă  quel jeu jouent les acteurs citĂ©s sachant eux-mĂȘmes que l’ONU aurait confirmĂ©, quelques mois plus tard, Ă  l’occasion de la confĂ©rence de l’ONU sur l’eau de 2023 (Ă©valuation Ă  mi- terme de la 3Ăšme DĂ©cennie internationale de l’eau et de l’Agenda 2015-2030 de l’ONU), que « aucun des Objectifs du DĂ©veloppement Durable ne sera atteint en 2030 ». Pour l’atteindre, concernant par exemple l’Objectif 6 sur l’eau, il aurait fallu mobiliser de maniĂšre cohĂ©rente et efficace six fois plus de moyens que ceux utilisĂ©s dans la moitiĂ© des pĂ©riodes retenues ! IrrĂ©alisable.

Pour conclure ce Silence 3, notons que la proposition approuvée par la COP15 de Montréal représente une copie conforme de la proposition faite à la COP par la Natural Capital Coalition-NCC. La Coalition rassemble plus de 400 entreprises du business et de la finance notamment des USA, UK, UE, 
 (11)

Ce genre de Coalitions internationales au sein du monde du business et de la finance s’est multipliĂ© dĂšs l’an 2000 dans plusieurs domaines stratĂ©giques de la politique de la vie, aprĂšs la signature en 2000 du Pacte Global (Global Compact) entre le secrĂ©tariat de l’ONU et les grandes entreprises multinationales privĂ©es. GrĂące Ă  ce Pacte, les entreprises ont obtenu le droit de participer pleinement Ă  toutes les activitĂ©s de l’ONU. RĂ©sultat, l’influence idĂ©ologique et politique des grandes entreprises sur les orientations du systĂšme onusien est devenue trĂšs Ă©vidente, notamment dans le domaine de l’eau et des autres biens communs publics mondiaux. Une Ă©tude d’Oxfam international publiĂ©e en septembre 2024 a bien documentĂ© l’emprise politique des grandes oligarchies economico-financiĂšres-technocratiques sur le systĂšme onusien (12).

En 2007, le Pacte Global a mis sur pied l’Initiative CEO Water Mandate par laquelle l’ONU a confiĂ© aux « patrons » des grandes compagnies multinationales, sous la coordination du Pacific Institute de la Californie, la tĂąche de travailler sur des solutions pour la politique mondiale de l’eau. Quelques annĂ©es plus tard, la CEO Water Madate donne naissance Ă  la Water RĂ©silience Coalition (WRC) avec des objectifs Ă  Ă©chĂ©ance 2030 et 2050. Actuellement, la WRC est dirigĂ©e par un groupe d’entreprises telles que Starbucks, MARS, Meta, CocaCola, Pepsico, Danone
 (13)

L’approche qui guide la CEO Water Mandate et la WRC est axĂ©e sur des projets d’action communs entre entreprises elles-mĂȘmes, les entreprises et les pouvoirs publics. Formellement « consacrĂ©e » en 2023, elle a mis fin Ă  l’idĂ©e mĂȘme d’une dĂ©finition d’un plan politique mondial de l’eau, au niveau de l’ONU comme ce fut, avec un certain succĂšs, le cas du Plan Alimentaire Mondial. Elle a restreint l’espace d’intervention de l’ONU Ă  l’enregistrement et au soutien des projets d’action signĂ©s directement entre les partenaires intĂ©ressĂ©s sur des bases volontaires (modĂšle des actions mondiales communes Ă  la carte, en fonction des propres intĂ©rĂȘts).

Ce qui explique l’absence de toute rĂ©fĂ©rence prĂ©cise aux impĂ©ratifs communs pour tous, liĂ©s aux droits humains universels Ă  la vie –en particulier Ă  l’eau et aux droits de l’eau Ă  la vie – ainsi qu’à la lutte pour l’éradication de l’appauvrissement qui touche la moitiĂ© de la population mondiale la plus pauvre. Aujourd’hui il y a plus de 3,5 milliards de personnes « pauvres » dont la richesse cumulĂ©e Ă©tait en 2025 infĂ©rieure Ă  celle des 12 milliardaires les plus riches (14).

Silence 4. Sur le rÎle fondateur des brevets sur le vivant à titre privé et à but lucratif

Le glissement vers cette dĂ©rive idĂ©ologique et politique a commencĂ© en 1980 par une sentence de la Cour SuprĂȘme des Etats-Unis. Celle-ci a dĂ©cidĂ© unilatĂ©ralement et en opposition aux autres grandes autoritĂ©s constitutionnelles et juridiques du monde, de lĂ©galiser la brevetabilitĂ© du vivant Ă  titre privĂ© et Ă  but lucratif (15). Le champ couvert par la brevetabilitĂ© dans le cadre des rĂšgles de la propriĂ©tĂ© intellectuelle est immense : semences et tout autre organisme modifiable (cas des OGM), l’info-communication, les nouveaux matĂ©riaux, la robotique et l’IA, l’énergie, la chimie, la santé  les dĂ©tenteurs des brevets « possĂšdent » non seulement la propriĂ©tĂ© exclusive des connaissances brevetĂ©es pour une pĂ©riode limitĂ©e de 18 Ă  20-25 ans, mais ils acquiĂšrent aussi le pouvoir de contrĂŽle de ce qu’on appelle en Ă©conomie capitaliste les chaĂźnes de crĂ©ation de la valeur. La lĂ©galisation de la brevetabilitĂ© du vivant Ă  titre privĂ© et Ă  but lucratif a rĂ©duit la connaissance (et la vie) Ă  une « ressource/objet » « prĂ©cieuse » Ă  exploiter pour assurer sa propre puissance et pouvoir de domination. La finalitĂ© de la science et de la technologie, surtout aujourd’hui en raison de leurs potentialitĂ©s, n’est pas l’harmonie, le partage, la paix, la fraternitĂ©, le bien-ĂȘtre collectif, la justice, la beauté  mais la puissance, l‘accaparement, la rivalitĂ©, la possession, la violence, la force, la conquĂȘte, la destruction de l’autre (le rival/ennemi
)

D’oĂč la puissance et la violence des « seigneurs des brevets » de l’agroalimentaire, de l’industrie pharmaceutique, des OGM et des Nouvelles Techniques GĂ©nomiques, des algorithmes, des robots, des voitures intelligentes, des GAFAM, des data centers


Dans ce contexte, l’eau, l’alimentation et la santĂ© se retrouvent reliĂ©es par des interdĂ©pendances fondamentales qui ont donnĂ© naissance Ă  des groupes industriels et financiers Ă  haute technologie particuliĂšrement puissants au niveau du gouvernement de la vie des humains et de la Terre.

Que l’on pense Ă  la puissance des grands groupes Ă©nergĂ©tiques fossiles et chimiques en matiĂšre de production, commercialisation et usage de produits hautement toxiques. L’empoisonnement de l’eau, de l’air, des sols, des ocĂ©ans par la pollution chimique est donnĂ© comme inĂ©vitable, irrĂ©parable !

Ces derniers temps, le monde des puissants a abandonnĂ© – c’est clair – les objectifs de « zĂ©ro Ă©missions », « zĂ©ro pesticides », « zĂ©ro pfas », « plastiques, non merci », « pour un monde libĂ©rĂ© des grands barrages », « mĂ©ga-bassines non merci », « no RĂ©erm Europe », « la paix, first », 


Silence 5.Sur l’asservissement croissant des politiques publiques des Etats ainsi que, souvent, des organisations internationales intergouvernementales, aux diktats et aux intĂ©rĂȘts des groupes Ă©conomiques et financiers les plus prĂ©dateurs. Trois exemples.

D’abord, la sentence de la Cour SuprĂȘme des États-Unis dĂ©jĂ  mentionnĂ©e. Elle a consacrĂ© la lĂ©gitimitĂ© de la soumission de la part des autoritĂ©s publiques aux intĂ©rĂȘts des groupes oligarchiques dominants dans les domaines de l’économie et de la technologie mais aussi dans le champ de l’imaginaire, des narrations. La Cour a expliquĂ© les raisons de sa dĂ©cision. Selon la Cour, les avancĂ©es considĂ©rables rĂ©alisĂ©es dans les annĂ©es 50 et 60 dans les domaines Ă©nergĂ©tiques, des biotechniques, de la robotique, de l’informatique et des nouveaux matĂ©riaux Ă©taient susceptibles de provoquer des changements profonds dans l’économie, justement lĂ  oĂč la suprĂ©matie mondiale au plan technologique et des narrations des États-Unis Ă©tait forte. DĂšs lors, c’est pour dĂ©fendre les intĂ©rĂȘts des États-Unis que la Cour reconnaĂźt qu’elle a retenu de son devoir d’introduire les brevets en tant qu’instrument de consolidation de la position dominante des USA (16).

Extraordinaire aveu. La soumission du « progrĂšs » scientifique et technologique au service de la suprĂ©matie mondiale d’un pays dominant constitue l’un des exemples majeurs de prĂ©dation pirate de la connaissance – bien commun public mondial – etde son asservissement lĂ©galisĂ© aux intĂ©rĂȘts de puissance et d’enrichissement du plus fort.

DeuxiĂšme exemple. Le caractĂšre pirate et dominateur des brevets a Ă©tĂ© confirmĂ© lors de la crise de la COVID et du conflit provoquĂ© par le refus des États-Unis et d’autres pays occidentaux d’accepter une suspension provisoire de l’application des brevets Ă©tablie au niveau de l’Organisation Mondiale du Commerce (créée en 1994) dans le cadre de l’Accord sur le Droit de la PropriĂ©tĂ© Intellectuelle concernant les Aspects relatifs au Commerce–ADPIC. Le but de la suspension provisoire, demandĂ©e et soutenue par des pays comme l’Afrique du Sud, le BrĂ©sil, l’IndonĂ©sie, l’Inde, la Chie, la Russie, Ă©tait de permettre aux pays du Sud de disposer aussi, en fonction de leurs besoins, des vaccins du Nord Ă  titre de la coopĂ©ration/solidaritĂ© ou de fabriquer eux-mĂȘmes les vaccins. La suspension est mĂȘme prĂ©vue dans le traitĂ© de l’OMC !

Eh bien, il n’y a rien eu Ă  faire. La dĂ©fense du droit aux brevets et le respect des rĂšgles du commerce, de « leurs rĂšgles », intouchables pour les dominants, l’a emportĂ© sur les droits humains des citoyens considĂ©rĂ©s de troisiĂšme classe. Les populations du Sud les plus vulnĂ©rables ont dĂ» attendre que les populations des pays du Nord soient d’abord soignĂ©es avec surplus ! (17)

Le troisiĂšme exemple concerne l’UE en particulier son alignement en matiĂšre de rĂ©silience et de sĂ©curitĂ© europĂ©ennes dans le domaine clĂ© de l’eau pour la vie, sur les choix dĂ©fendus par le monde industriel et financier de l’UE notamment concernant la lutte contre la contamination chimique de la PlanĂšte.

Selon le document politique majeur de la Commission europĂ©enne approuvĂ© au dĂ©but de 2025, la stratĂ©gie europĂ©enne de la rĂ©silience dans le domaine de l’eau (18), la contamination chimique de la PlanĂšte reprĂ©sente, aprĂšs les Ă©missions de gaz Ă  effet de serre, le problĂšme le plus critique liĂ© au changement climatique. La lutte contre la contamination chimique fait partie des cinq prioritĂ©s d’action de la StratĂ©gie. Tout en signalant la nĂ©cessitĂ© de la rĂ©duction/Ă©limination de la contamination chimique et en particulier des pesticides et des « polluants Ă©ternels » (PFAS, TFA, 
) la Commission europĂ©enne note qu’il convient, cependant, de procĂ©der graduellement par une rĂ©gulation moins forte, le temps de permettre Ă  l’industrie europĂ©enne de procĂ©der Ă  l’ajustement et Ă  l’adaptation (la fameuse « transition ») sans traumatismes.

A cet Ă©gard la Commissaire europĂ©enne en charge de la rĂ©silience et du secteur de l’eau a affirmĂ© « les PFAS sont partout et sont Ă  la base de la croissance et des positions fortes acquises par l’industrie chimique europĂ©enne dans les marchĂ©s mondiaux ». Lui imposer des contraintes et des lourdeurs administratives se traduirait par une perte de compĂ©titivitĂ©, voire par une crise dangereuse. « Il faut que l’industrie chimique reste chez nous. » (19)

Ce recul a Ă©tĂ© net suite Ă  la DĂ©claration d’Anvers de l’industrie chimique europĂ©enne en fĂ©vrier 2024 signĂ©e par les reprĂ©sentants de 90 entreprises chimiques avec en tĂȘte le PDG de BASF, la plus grande entreprise chimique mondiale (20). La DĂ©claration a Ă©tĂ© une vĂ©ritable attaque contre le Pacte vert europĂ©en remplacĂ© par la proposition en faveur d’un Pacte Industriel europĂ©en et cela en prĂ©sence consensuelle de la PrĂ©sidente de la Commission europĂ©enne. L’industrie a aussi demandĂ© « Un nouvel esprit normatif » Ă  savoir « laisser les entrepreneurs chercher les meilleures solutions. La lĂ©gislation doit crĂ©er les conditions favorables pour les inciter Ă  investir ». Ainsi, Ă  Anvers, l’industrie chimique a appelĂ© de ses vƓux l’approbation d’un rĂšglement europĂ©en Omnibus, transversal, visant Ă  corriger toutes les rĂ©glementations europĂ©ennes en matiĂšre de dĂ©veloppement durable, dĂšs l’entrĂ©e en fonctions de la nouvelle Commission. Eh bien, fin fĂ©vrier 2025, puis en dĂ©cembre 2025, la Commission europĂ©enne a fait approuver par le Conseil des Ministres et le Parlement europĂ©en deux des trois Omnibus prĂ©vus en la matiĂšre.

Les nouvelles directives rĂ©duisent considĂ©rablement le nombre des entreprises soumises Ă  l’obligation de remettre des rapports sur la durabilitĂ© et la responsabilitĂ© Ă©cologique de leurs actions Ă  l’obligation ne concerne plus que les entreprises avec plus de 1.700 emplois, Ă  savoir 8% seulement des entreprises de l’UE ! En outre, elles diminuent les champs des rĂ©gulations objet du devoir de reporting et du respect du dĂ©veloppement durable. Enfin, en Ă©liminant la publicitĂ© des rapports, l’UE affaiblit les sauvegardes de transparence et de fiabilitĂ© des donnĂ©es (21).

L’alignement est clair, quasi complet. C’est un cas exemplaire, explicite, de la soumission des pouvoirs politiques de l’UE aux diktats et intĂ©rĂȘts du monde du business et de la finance. Le dĂ©tricotage en cours du Pacte Vert EuropĂ©en, de pair avec l’affirmation du Rearm-Europe, constitue un coup dur pour l’Europe, son devenir, ainsi que pour la sĂ©curitĂ© de la vie de la Terre et de la communautĂ© internationale, notamment la destinĂ©e de l’ONU.

Conclusion et Proposition de Neuf Objectifs pour une Politique PlanĂ©taire de l’Eau

Ni les droits humains Ă  l’eau pour la vie, ni l’éradication de la pauvretĂ© dans le monde, ni la sauvegarde et le soin des biens communs publics mondiaux essentiels Ă  la vie pour tous, et par consĂ©quent, ni la mise au ban de la guerre et de la violence dans la vie quotidienne et dans les relations avec les autres, ne sont des objectifs prioritaires de la politique de l’eau (et de la vie) dans le systĂšme actuel dominant. Il y a objectivement des multiples formes d’irrĂ©versibilitĂ© des processus en cours. Une irrĂ©versibilitĂ© surtout semble ĂȘtre admise sans problĂšme par les dominants : celle de leur systĂšme Ă©conomique et politique. C’est pour cela que, depuis les solutions adoptĂ©es lors du Premier Sommet de la Terre de l’ONU Ă  Rio de Janeiro en 1992 pour faire face aux dĂ©sastres climatiques et Ă©cologiques ainsi que sociaux, seules deux stratĂ©gies d’action ont Ă©tĂ© considĂ©rĂ©es rĂ©alistes et efficaces, Ă  savoir la stratĂ©gie de la mitigation et la stratĂ©gie de l’adaptation. Celle de l’adaptation, en particulier, est toujours proposĂ©e comme la solution clĂ©, dans le rapport de l’UNU UniversitĂ© de l’ONU. Une troisiĂšme stratĂ©gie, celle du changement systĂ©mique, est catĂ©goriquement exclue, condamnĂ©e comme « étant vouloir la lune ». Eh bien, ils se trompent. Il n’y a pas de futur prisonnier d’une seule voie.

La nouvelle politique planĂ©taire de l’eau

Objectif 1. Reconstituer le fondement de la sĂ©curitĂ© de la vie de la Terre en commençant par l’arrĂȘt total des Ă©missions de gaz Ă  effet de serre.

Objectif 2. Mettre fin à l’empoisonnement chimique des eaux, des sols, de l’air.

Objectif 3. Abolir les brevets sur le vivant et sur l’IA Ă  titre privĂ© et Ă  but lucratif. La connaissance doit redevenir bien commun public mondial.

Objectif 4. Pour une Charte PlanĂ©taire des Biens Communs Publics Mondiaux. L’eau, la santĂ©, la connaissance, l’air, l’alimentation, le logement, l’énergie solaire, la sĂ©curité  sont des biens communs publics mondiaux.

Objectif 5. Pour une Nouvelle Architecture FinanciĂšre du monde, « La Caisse Commune PlanĂ©taire ». LibĂ©rer l’eau et l’ensemble des biens communs essentiels pour la vie, de la financiarisation et de la technocratisation conquĂ©rantes.

Objectif 6. CrĂ©ation du Parlement PlanĂ©taire de l’Eau, expression et lieu de l’exercice de la souverainetĂ© partagĂ©e des habitants de la Terre.

Objectif 7. ArrĂȘter l’étouffement des fleuves, des lacs, des zones humides (« artĂšres de la Terre ») par les grands barrages.

Objectif 8. Stopper la « pĂ©trolisation » de l’eau, en gĂ©nĂ©ral, et la « cocacolisation » de l’eau minĂ©rale naturelle, en particulier, sources de prĂ©dation et de pollution aux plastiques.

Objectif 9. DĂ©clarer illĂ©gale la pauvretĂ©/exclusion. Il est inacceptable que le pouvoir d’achat soit la clĂ© d’accĂšs au droit Ă  l’eau et aux autres droits universels. La gratuitĂ© des droits Ă  la vie, c’est la justice entre Ă©gaux.

Source

Riccardo Petrella, Une politique planĂ©taire de l’eau, https://www.pressenza.com/fr/2025/12/une-politique-planetaire-de-leau-repenser-la-vie-de-la-terre-pour-un-futur-en-commun/, 30 pages.

Notes

(1) Cfr. Rockström, J., Steffen, W., Noone, K., Persson, Å. et al. 2009. Planetary boundaries: exploring the safe operating space for humanity. Ecology and Society 14(2): 32. Voir aussi leur troisiĂšme rapport, The 2823 update to the Planetary Boundaries, stokholmresilience.org/research/planetary

(2) Les concepts d’Empreinte Ă©cologique, Empreinte Eau, « Jour du dĂ©passement » ont Ă©tĂ© Ă©laborĂ©s par une organisation des Etats-Unis, le Global Ecological Footprint Network. Les donnĂ©es produites chaque annĂ©e depuis 2003 en la matiĂšre sont accessibles dans leur site https://www.footprintnetwork.org/

(3) A propos du « Jour du dĂ©passement », celui-ci est intervenu au niveau de l’humanitĂ© en 2025 le 24 juillet. Au niveau des pays, parmi d’autres : USA le13 mars, Danemark le 15 mars, Canada et Australie le 26 mars, Belgique le 27 mars, France le 19 avril, IsraĂ«l le 29 avril, Allemagne le 3 mai, UK le 26 mai. Tous parmi les 64 pays dont le jour du dĂ©passement intervient avant le 24 juillet. Source : National Footprint and Biocapacity Accounts, preliminary 2025 Edition York University, FoDaFo, Global Footprint Network, data.footprintnetwork.org

(4) Pensons Ă  ce que ferait le prĂ©sident des Etats-Unis actuel s’il pouvait annexer le Groenland !

(5) Il s’agit de la dĂ©finition que l’on trouvera dans mon livre « Les futurs de l’eau », premiĂšre partie de publication prochaine aux Editions Couleur Livres en Belgique.

(6) https://blog.veoliawatertechnologies.fr/data-centers-et-eau-ce-qui’l-faut-savoir

(7) Voici deux sources importantes : la premiùre de l’an 2000 et la deuxiùme de 2025. Les deux, à prendre avec certaines pincettes.

https://www.letemps.ch/economie/leau-centre-dun-fonds-lance-premiere-mondiale-pictet?srsltid=AfmBOoox-vn6MKO4-208b4qeN_2UnSBzG30Yiil_AJdVT14R7k5ofeQH19 et

https://www.allnews.ch/content/produits/pictet-am-25-ans-d%E2%80%99investissement-dans-le-secteur-de-l%E2%80%99eau

(8) https://agora-humanite.org/it/dossier-manifestations-liberons-leau-de-la-bourse/ ;

https://reporterre.net/L-eau-bien-commun-approprie-par-la-finance, en 2021 et

https://www.sans-transition-magazine.info/economie/tribune-la-financiarisation-de-leau-et-de-la-nature, Riccardo Petrella le 07.07.2022

(9) Riccardo Petrella, La COP15, Biodiversité et financiarisation de la nature, Pressenza, 17.02.2023,https://www.pressenza.com/fr/2023/02/cop15-biodiversite-et-financiarisation-de-la-nature/

(10) ibidem

(11) Sur l’ensemble des questions « UN Global Compact », « CEO Water Mandate », « Natural Capital Coalition », « Water Resilience Coalition », voir https://ceowatermandate.org/resilience/what-is-the-wrc/

(12) Oxfamfrance.org/rapports/rapport-sur-les-inegalites-2026-resister-au-regne-des-plus-riches/

(13) Voir note 11

(14) Voir note 12

(15) https://infogm.org/les-themes/les-droits-de-propriete-intellectuelle/brevets-sur-le-vivant/

(16) Voir « arrĂȘt Diamond v. Chakrabarty » de juin 1980

(17) https://agora-humanite.org/g2o-the-rome-declaration-on-health/

(18) https://commission.europa.eu/topics/environment/water-resilience-strategy_fr

(19) https://www.pressenza.com/fr/2025/06/lalignement-la-nouvelle-strategie-europeenne-de-la-resilience-dans-le-domaine-de-leau/

(20) https://www.pressenza.com/fr/2024/02/lattaque-de-lindustrie-chimique-europeenne-au-plan-vert-de-lunion-europeenne-a-propos-de-la-declaration-danvers-20-fevrier-2024/

(21) https://belgium.representation.ec.europa.eu/actualites-et-evenements/actualites/omnibus-environnement-une-legislation-environnementale-simplifiee-pour-accelerer-la-croissance-verte-2025-12-10_fr