Il faut penser et construire un
Nouveau monde capable de garantir
lâeau, la nourriture, la santĂ©,
la sécurité commune, la justice, la fraternité, la paix.
Le reste, technologie et finance, est instrumental.
Lâenjeu, la vie planĂ©taire
Pour essayer de faire face Ă lâactuelle crise planĂ©taire de la vie, il faut ĂȘtre guidĂ© par des visions globales et par un esprit de responsabilitĂ© collective. Ce nâest pas seulement une question de lâaccĂšs Ă©conomique Ă lâeau en Afrique sub-saharienne ou de la lutte contre les inondations au Pakistan et au Bangladesh, ou des infrastructures pour lâassainissement des eaux usĂ©es dans les grandes mĂ©gapoles de lâInde et de lâAmĂ©rique latine. Ce nâest pas non plus, une question de savoir qui financera les investissements pour sauver les populations des villes cĂŽtiĂšres suite Ă lâĂ©lĂ©vation du niveau des mers Ă cause de la fonte des glaciers et des calottes polaires, ou pour protĂ©ger lâeau des nappes phrĂ©atiques pour garantir lâeau potable aux humains face aux menaces dâassĂšchement des nappes en raison des Ă©normes prĂ©lĂšvements dâeau actuels et aux gaspillages. Ni, enfin, de la lutte contre la pollution chimique gĂ©nĂ©rale des eaux de la Terre.
Câest tout cela en mĂȘme temps, avec tant dâautres questions dramatiques, qui requiĂšrent des actions rĂ©solutives radicales.
Lâenjeu planĂ©taire de la vie câest : comment recrĂ©er les conditions de sĂ©curitĂ© de la vie pour tous les habitants de la Terre (toutes espĂšces vivantes comprises), en renversant les tendances actuelles imposĂ©es par les dominants. Ceux-ci
a) acceptent comme inexorable la grande injustice mondiale de lâinĂ©galitĂ© structurelle dans le droit Ă la vie et Ă la dignitĂ© humaine. DâoĂč leur abandon, mĂȘme formel, de lâobjectif de lâĂ©radication de la pauvreté ;
b)considĂšrent impossible de modifier le changement climatique, et pour cause, car ils en sont responsables, et proposent uniquement une double stratĂ©gie : celle de la mitigation de ses effets nĂ©fastes et celle de lâadaptation aux nouvelles conditions climatiques terrestres ;
c)donnent, au contraire, la prioritĂ© des prioritĂ©s Ă lâobjectif de sortir gagnants de la lutte entre eux pour la suprĂ©matie mondiale dans la course Ă la rĂ©industrialisation du monde sous lâimpulsion de la nouvelle rĂ©volution scientifique et technologique de lâĂšre de lâIntelligence Artificielle.
Ce faisant, ils ont changĂ© la nature de lâenjeu, leur systĂšme nâest pas mis en question : ils cherchent mĂȘme Ă faire croire que la clĂ© de sortie de la crise est dans la reconfiguration du capitalisme global par lâIA.
De facto, ils proposent de continuer la guerre des riches aux pauvres sur dâautres bases et par des moyens renforcĂ©s !
Ainsi, ils aggravent les conditions de la guerre-gĂ©nocide dâIsraĂ«l contre les Palestiniens, qui continue de maniĂšre horrible, dans le but de parvenir Ă leur extermination et expulsion totale. Il en va de mĂȘme de la guerre entre les pays de lâOTAN/UE et la Russie, dont lâescalation militaire est donnĂ©e comme inexorable (sic !), ainsi que de la guerre technologique : et commerciale des Ătats-Unis contre la Chine et celle, coloniale contre les pays dâAmĂ©rique latine qui nâobĂ©issent pas aux USA.
On assiste Ă©galement Ă lâaccentuation des famines et des guerres en Afrique, pour ne pas parler des abus intolĂ©rables du droit international et de la coexistence pacifique entre les peuples de la Terre commis par ce repris de justice quâest lâactuel prĂ©sident des Ătats-Unis.
Câest dans le contexte de cet enjeu planĂ©taire que nous avons nourri nos travaux sur le futur de lâeau et avons cherchĂ© Ă dĂ©finir les grandes lignes dâune nouvelle politique mondiale de lâeau source de vie.
La Perspective Horizons 2048
Nous nous sommes situĂ©s dans une perspective Ă terme relativement longue, un quart de siĂšcle, mĂȘme si lâaccĂ©lĂ©ration des temps dans le domaine technologique donne lâimpression que tout « change » rapidement. Les temps sociĂ©taux sont diffĂ©rents et sont, le plus souvent, plus longs.
Le choix de Horizons 2048 signifie penser le devenir de la Terre, en particulier de la sĂ©curitĂ© de vie pour tous, dâici 2048, 100 ans aprĂšs la DĂ©claration Universelle des Droits de lâHomme de lâONU ainsi que 400 ans aprĂšs le TraitĂ© de Westphalie (1648) qui donna naissance au principe et Ă lâĂšre de lâĂtat souverain encore en vigueur de nos jours et qui est devenu un facteur bloquant le devenir de lâHumanitĂ© dans des logiques contradictoires.
LâHorizon des droits universels Ă la vie dans lâĂ©galitĂ© et la justice
La DĂ©claration Universelle des Droits de lâHomme fut un document politique fortement inspirĂ© par le bagage culturel et idĂ©ologique des pays du monde occidental. MalgrĂ© cela, elle a Ă©tĂ© la premiĂšre dĂ©claration de la « communautĂ© inter-nationale » proclamant lâimportance des principes dits « universalistes » bien que filtrĂ©s par les conceptions des sociĂ©tĂ©s « nationales » (« Nations » Unies). Elle a Ă©tĂ© amĂ©liorĂ©e Ă partir des annĂ©es â70 concernant le champ des droits couverts (humains, civils, Ă©conomiques, sociaux, culturels, politiquesâŠ) et des sujets titulaires (hommes, femmes, enfants, peuples indigĂšnes, autochtones, migrants, travailleursâŠ). Suite Ă la fin de la Guerre froide, elle a contribuĂ© de maniĂšre plus ou moins efficace Ă la promotion de lâĂtat de Droit et des Droits « universels ». La DĂ©claration reste ainsi un des Ă©lĂ©ments clĂ©s sur lesquels dĂ©finir la conception et la rĂ©alisation dâune nouvelle configuration de la sociĂ©tĂ© et du monde, aux Horizons 2048.
Lâhorizon de la responsabilitĂ©, de la solidaritĂ© et de la paix, au-delĂ des souverainetĂ©s des Etats et des groupes sociaux mondiaux les plus forts, prĂ©dateurs des plus faibles et des biens communs mondiaux essentiels Ă la vie.
Le principe de lâĂtat souverain a affirmĂ© la souverainetĂ© de lâĂtat, et plus spĂ©cifiquement de lâĂtat «national», entendant par « souverain », le fait que le pouvoir de lâĂtat est « au-dessus de tous », soumis Ă aucun autre sujet de pouvoir (la sĂ©cularisation de lâĂtat vint plus tard).
Au dĂ©part, la souverainetĂ© ne reprĂ©senta pas, Ă court terme, une grande rĂ©volution, mais avec la rĂ©volution française et la rĂ©volution amĂ©ricaine, la souverainetĂ© des Etats signifia un grand changement. GrĂące, en particulier, Ă la rĂ©volution française qui parla davantage de peuple que de nation, la souverainetĂ© a Ă©tendu le rĂŽle de lâĂtat Ă la sauvegarde et Ă la promotion de la libertĂ© et des droits des citoyens ainsi quâau pouvoir du peuple (dĂ©mocratie.
Puis, Ă lâĂšre des nationalitĂ©s (au XIXe siĂšcle) et de la dĂ©colonisation (au XXe siĂšcle), elle favorisa le principe de lâautodĂ©termination de tous les peuples dans lâĂ©galitĂ© et donna Ă©galement lĂ©gitimitĂ© aux luttes de libĂ©ration/indĂ©pendance nationale. Enfin, lâĂtat social du « welfare », promu surtout aprĂšs la DeuxiĂšme guerre mondiale sous la pression du socialisme international de la classe ouvriĂšre, a Ă©tĂ© lâune des conquĂȘtes politiques et sociales les plus importantes au plan de la sĂ©curitĂ© et de la dignitĂ© des ĂȘtres humains des 150 derniĂšres annĂ©es.
Entre-temps, cependant, le principe de lââĂtat souverain sâest souvent imposĂ© au nom de la nation par un Ătat oligarchique, conquĂ©rant, colonial, au service surtout des intĂ©rĂȘts des groupes sociaux riches, dominants, un Ătat oppresseur des libertĂ©s citoyennes et promoteur de lâinjustice et des inĂ©galitĂ©s jusquâaux formes extrĂȘmes dâĂtat fasciste voire « nazi » et « social-dictatorial ».
Aujourdâhui, lâĂtat national a vendu sa « souverainetĂ© » aux groupes forts multinationaux du business et de la finance capitalistes privĂ©s, vendant aussi la souverainetĂ© et lâindĂ©pendance des peuples. La souverainetĂ©, devenue celle des groupes oligarchiques les plus puissants au monde, constitue dĂ©sormais le facteur clĂ© de blocage Ă toute rĂ©gulation de la vie planĂ©taire sur des principes inspirĂ©s par la coopĂ©ration, le respect, le bien- ĂȘtre collectif et la sĂ©curitĂ© de tous les habitants de la Terre.
En Europe, la souverainetĂ© semblait sur la voie de sa fin dans les annĂ©es soixante suite Ă la crĂ©ation des CommunautĂ©s europĂ©ennes. Elle est revenue, hĂ©las, avec force par la crĂ©ation du marchĂ© unique intĂ©rieur en 1992 (TraitĂ© de Maastricht) et le changement de dĂ©nomination de lâEurope, de « CommunautĂ© EuropĂ©enne » à « Union EuropĂ©enne » des Etats.
Certes, la souverainetĂ© alimentaire, Ă©nergĂ©tique et hydrique des pays appauvris et des autres pays du « Sud du monde » donne lâimpression dâĂȘtre un bon choix. Mais, de facto, cela se traduit, en raison de la faiblesse politique, Ă©conomique et technologique de la grande majoritĂ© des pays du Sud, par une plus grande dĂ©pendance et soumission Ă la mainmise sur leurs ressources par les intĂ©rĂȘts des grands groupes Ă©conomiques et technologiques puissants des Etats du Nord du monde. La souverainetĂ© et lâindĂ©pendance des pays du Sud ne peuvent ĂȘtre rĂ©alisĂ©es quâen tant quâun objectif dâune communautĂ© dâintĂ©gration de programmes, institutions et moyens coopĂ©ratifs entre eux. Cela, dans la perspective de contribuer aussi Ă lâinstitutionnalisation de la communautĂ© globale de vie de tous les habitants de la Terre.
Bref, la souverainetĂ©/indĂ©pendance reste lâapanage des puissants, des oligarchies mondiales. Et cela est contraire aux intĂ©rĂȘts de la population mondiale, y compris des citoyens des pays du Nord oĂč, effectivement, les inĂ©galitĂ©s sociales et les injustices augmentent aussi.
Les Objectifs de la politique planĂ©taire de lâeau
A la lumiÚre de ce qui précÚde, la vision de la politique planétaire que nous proposons est fondée sur deux conceptions de la vie, de la société et du monde :
- La vie, dont les ĂȘtres humains font partie, est un bien/don de lâĂ©volution de lâunivers Ă laquelle nous contribuons de plus en plus activement au niveau de notre « petite » PlanĂšte. Toute politique humaine de la vie doit ĂȘtre guidĂ©e par le principe des droits universels Ă la vie de tous les habitants de la Terre et de la sauvegarde des droits de la vie, dans la justice et lâĂ©galitĂ©.
- La politique de la vie ne signifie pas le pouvoir de la part des sociĂ©tĂ©s humaines de sâapproprier de la vie de la Terre Ă titre privĂ© et pour des usages prĂ©dateurs. Nous ne sommes pas propriĂ©taires de la Terre. Notre pouvoir signifie surtout que nous sommes responsables, individuellement et collectivement, de la sauvegarde de la vie et de son intĂ©gritĂ©. Cela sans « seigneurs souverains », empereurs, oligarchies financiĂšres et technocratiques, mais par les peuples de la Terre et les citoyens, dans la solidaritĂ©, la coopĂ©ration et la paix. Les guerres entre nous, comprises les guerres de lâeau pour lâor bleu et les guerres contre la nature sont des phĂ©nomĂšnes pervers Ă Ă©radiquer de lâhistoire de la vie.
La politique planĂ©taire d lâeau
Objectif 1. Reconstituer le fondement de la sĂ©curitĂ© de la vie de la Terre en commençant par lâarrĂȘt total des Ă©missions de gaz Ă effet de serre.
Objectif 2. Mettre fin Ă lâempoisonnement chimique des eaux.
Objectif 3. Abolir les brevets sur le vivant et sur lâIA Ă titre privĂ© et Ă but lucratif. La connaissance doit redevenir bien commun public mondial.
Objectif 4. Pour une Charte PlanĂ©taire des Biens Communs Publics Mondiaux. Lâeau, la santĂ©, la connaissance, lâair, lâalimentation, le logement, lâĂ©nergie solaire, la sĂ©curité⊠sont des biens communs publics mondiaux.
Objectif 5. Pour une Nouvelle Architecture FinanciĂšre du monde, « La Caisse Commune PlanĂ©taire ». LibĂ©rer lâeau et lâensemble des biens communs essentiels pour la vie, de la financiarisation et de la technocratisation conquĂ©rantes.
Objectif 6. CrĂ©ation du Parlement PlanĂ©taire de lâEau, expression et lieu de lâexercice de la souverainetĂ© partagĂ©e des habitants de la Terre.
Objectif 7.ArrĂȘter lâĂ©touffement des fleuves, des lacs, des zones humides (« artĂšres de la Terre ») par les grands barrages.
Objectif 8. Stopper la « pĂ©trolisation » de lâeau, en gĂ©nĂ©ral, et la « cocacolisation » de lâeau minĂ©rale naturelle, en particulier, sources de prĂ©dation et de pollution aux plastiques.
Objectif 9. DĂ©clarer illĂ©gale la pauvretĂ©/exclusion. Il est inacceptable que le pouvoir dâachat soit la clĂ© dâaccĂšs au droit Ă lâeau et aux autres droits universels. La gratuitĂ© des droits Ă la vie, câest la justice entre Ă©gaux.
Objectif 1. Reconstituer le fondement de la sĂ©curitĂ© de de la vie de la Terre, avant tout, par lâarrĂȘt total des Ă©missions de gaz Ă effet de serre
Au lieu de diminuer, les Ă©missions mondiales de CO2 sont toujours en hausse. ConsĂ©quence, notre budget carbone (ou la quantitĂ© de CO2 que nous pouvons encore Ă©mettre) sâĂ©puise plus rapidement que prĂ©vu. Des lors, lâobjectif de limiter le rĂ©chauffement climatique Ă 1,5°C est dĂ©jĂ un Ă©chec car la limite vient dâĂȘtre dĂ©passĂ©e ! (1).
Câest inadmissible, car les Ă©missions ne sont pas dues principalement Ă des phĂ©nomĂšnes naturels (telles les variations des rayons solaires). Comme dĂ©jĂ mentionnĂ©, elles sont le rĂ©sultat de lâaction des humains, une consĂ©quence dâun systĂšme Ă©conomique fondĂ© sur lâutilisation dâĂ©nergies fossiles (charbon, pĂ©trole, gaz naturel, âŠ).
Le point de dĂ©part de la reconstitution de la sĂ©curitĂ© de la vie terrestre est : arrĂȘter les Ă©missions de gaz Ă effet de serre et dĂ©velopper un systĂšme Ă©conomique fondĂ© sur des Ă©nergies dites renouvelables, telles que lâĂ©nergie solaire, lâĂ©olienne, la biomasse. Cela de maniĂšre sobre (dâoĂč lâimportance de lâĂ©pargne, de la rĂ©duction des ressources utilisĂ©es), coopĂ©rative et solidaire. Le renouveau du climat terrestre passe par la restauration du cycle de lâeau.
LâinĂ©vitable rĂ©duction/Ă©limination des Ă©missions Ă effet de serre est de plus en plus urgente, malgrĂ© la fĂ©roce opposition des groupes Ă©conomiques dont la puissance et la richesse ont Ă©tĂ© et restent fondĂ©es sur lâexploitation des Ă©nergies fossiles.
La majoritĂ© des Etats de lâONU doit proclamer que devant lâimpĂ©ratif de la sĂ©curitĂ© collective planĂ©taire quâil nây a pas de souverainetĂ© ni de libertĂ© des Etats, des entreprises, des marchĂ©s actionnaires, des technologies. MĂȘme la Global Water Intelligence (GWI) a affirmĂ© « Ultimately the cheapest solution is zero emission » (2).
En plus des terribles dĂ©sastres en cours, toujours plus graves et frĂ©quents, on assiste Ă une accĂ©lĂ©ration de la fonte des glaciers et des calottes polaires ainsi quâĂ une dĂ©gradation intense des ocĂ©ans qui risquent, toutes deux, de devenir irrĂ©versibles et irrĂ©parables.
Les glaciers et les ocĂ©ans sont essentiels Ă la vie de la PlanĂšte. Les glaciers renferment environ 170.000 kmÂł de glace, reprĂ©sentant prĂšs de 70 % des rĂ©serves mondiales dâeau douce : « Plus de 2 milliards de personnes, y compris de nombreuses populations autochtones, dĂ©pendent de la fonte des glaciers et de la neige pour leur approvisionnement en eau douce » (3). Quant aux ocĂ©ans, un chiffre inquiĂ©tant : « chaque annĂ©e entre 10 et 15 millions de tonnes, sont dĂ©versĂ©s dans la mer » (4).
Aujourdâhui, le problĂšme du non-arrĂȘt des Ă©missions de COÂČ est aggravĂ© par le fait que les deux principaux Ă©metteurs de COÂČ au monde, les USA et la Chine, poursuivent des stratĂ©gies Ă©conomiques et Ă©nergĂ©tiques totalement opposĂ©es. La Chine est favorable aux objectifs de lâAccord de Paris (2015). Les Ătats-Unis y sont farouchement opposĂ©s. Ils sabotent mĂȘme les initiatives des autres Etats. En outre, ni les Ătats-Unis ni la Chine nâont choisi leur stratĂ©gie Ă©nergĂ©tique en considĂ©ration dâimpĂ©ratifs environnementaux et sociaux, mais pour des raisons dictĂ©es par leurs intĂ©rĂȘts Ă©conomiques et gĂ©ostratĂ©giques (5). La Chine a, en tout cas ces derniĂšres annĂ©es, rĂ©duit ses Ă©missions de COÂČ tandis que les Ătats-Unis les ont augmentĂ©es.
On voit mal les voies de sortie rapide de cette impasse. LâEurope ayant aussi glissĂ© derniĂšrement vers des positions plus accommodantes avec le monde du business et de la finance. (Voir Objectif 2). Lâinversion totale en faveur des ressources Ă©nergĂ©tiques alternatives doit ĂȘtre systĂ©matique et plus rapide. Ce nâest pas seulement une question de modifications Ă©nergĂ©tiques sectorielles, ni de mutations environnementales-Ă©conomiques. Câest lâensemble du systĂšme de vie qui est en question. Nous sommes, de fait, en prĂ©sence dâune vĂ©ritable guerre sociale des riches, les enrichis, contre les pauvres, les appauvris, anciens et nouveaux. Câest pour cette raison que lâinversion est non seulement une obligation morale et pratique mais aussi une obligation politique juridique (6).
Objectif 2. Mettre fin Ă lâempoisonnement chimique des eaux de la Terre :
a) en mettant au ban tous les polluants (pesticides, contaminants pharmaceutiques, les PFAS âŠ) et,
b) en faisant approuver la crĂ©ation dâune autoritĂ© planĂ©taire, le Conseil PlanĂ©taire des Citoyen(ne)s pour la SĂ©curitĂ© de lâEau, sous la responsabilitĂ©, le contrĂŽle et le suivi du Parlement PlanĂ©taire de lâEau(voir Objectif 6).
La crĂ©ation du Conseil devrait ĂȘtre approuvĂ©e par la majoritĂ© des Etats de lâONU, lors de la nouvelle ConfĂ©rence de lâONU sur lâeau en dĂ©cembre 2026. Lâinitiative pourrait ĂȘtre prise sous lâimpulsion de nombreux parlements nationaux et le soutien de plusieurs centaines de communautĂ©s locales.
Il faut interdire toute pollution chimique qui porte atteinte Ă la sĂ©curitĂ© de la vie. Comme vient de lâĂ©tablir la Cour Internationale de Justice, « Contaminer les eaux est un dĂ©lit » (7), « il est interdit de polluer », doit prĂ©valoir sur le principe, « pollueur payeur ». Il faut assurer avant tout la sĂ©curitĂ© de la vie rĂ©alisant dâimportants programmes internationaux de coopĂ©ration pour lâutilisation massive et rapide de produits alternatifs.
Certains pays, peu nombreux encore, ont approuvĂ© des textes lĂ©gislatifs sur lâinterdiction des polluants. Ces premiers pas restent, cependant, plutĂŽt timides. Ils admettent beaucoup dâexceptions et maintiennent dâimportantes ambiguĂŻtĂ©s, au nom(alibi) de la dĂ©fense de la compĂ©titivitĂ© et des intĂ©rĂȘts des entreprises du pays. Les logiques Ă©conomiques dites « nationales » prĂ©dominent toujours sur la santĂ© des humains et de la nature.
Dans cette perspective, un impĂ©ratif majeur doit ĂȘtre dâinvestir massivement dans le sauvetage des ocĂ©ans. SurchauffĂ©s, surexploitĂ©s, polluĂ©s, les ocĂ©ans sont en danger. Les causes sont principalement : la surpĂȘche, la convoitise des entreprises concernant les minerais qui gisent dans les grands fonds des ocĂ©ans, la pollution plastique qui se rĂ©vĂšle de plus en plus dangereuse, les canicules⊠(8).
LâĂ©chec en juin 2025 de lâapprobation du TraitĂ© international sur les plastiques, dans lequel une bonne partie de la population mondiale avait mis tant dâespoir, (9) montre encore une fois lâirresponsabilitĂ© et lâincapacitĂ© des groupes dominants du monde Ă agir pour le bien commun et les droits de la vie pour tous, gĂ©nĂ©rations futures comprises. De fait, la lutte contre la pollution chimique globale rencontre de grosses difficultĂ©s en raison de lâalliance/complicitĂ© entre les pouvoirs politiques et le monde du business et de la finance (10).
Pour asseoir sur des bases solides la poursuite des deux premiers objectifs, il faut sâattaquer au choix politique fondamental opĂ©rĂ© par le systĂšme dominant « occidental », dont on a parlĂ© dans la premiĂšre partie, Ă savoir la brevetabilitĂ© privĂ©e de la vie Ă but lucratif.
Objectif 3. Abolir les brevets sur le vivant et sur lâIA Ă titre privĂ© et Ă but lucratif. La connaissance doit redevenir un bien commun public mondial sous la responsabilitĂ© directe de la communautĂ© de vie globale de la Terre reprĂ©sentĂ©e par lâHumanitĂ© (via, entre autres, lâOMC-HT, ci-aprĂšs).
Maintenir les brevets signifie que les Etats attribuent la propriĂ©tĂ© et le contrĂŽle de la vie Ă des sujets privĂ©s dont le seul objectif qui compte est de sauvegarder leurs intĂ©rĂȘts et leur puissance.
Selon le rapport 2024 de lâOMPI (Organisation Mondiale de la PropriĂ©tĂ© Intellectuelle) plus de 120.000 brevets ont Ă©tĂ© octroyĂ©s ces derniĂšres annĂ©es dans les domaines du vivant et de lâIA (11). Or, ce qui inquiĂšte le monde occidental, notamment les Etats-Unis, ce nâest pas la marchandisation et la privatisation prĂ©datrices des connaissances, mais le fait quâentre 2014 et 2023, plus de 38.000 innovations GenAI (IA gĂ©nĂ©rative) sont venues de Chine, sur un total de 54 000, alors que les Etats-Unis occupent la deuxiĂšme place avec seulement 6.276 brevets dĂ©posĂ©s (12).
Les grandes opportunitĂ©s et les grands dangers et dĂ©rives des applications de lâIA imposent que lâon mette en place un systĂšme mondial public de rĂ©gulation et de sauvegarde de la connaissance en tant que bien commun mondial. Le RĂšglement europĂ©en sur lâIA va faiblement dans cette direction (13). En outre, compte tenu que lâOMC (Organisation Mondiale du Commerce), créée en 1994, est indĂ»ment le principal organisme international rĂ©gulateur des brevets (sic !), il faut remplacerlâOMC par unnouveau TraitĂ© sur le Commerce et, en outre, crĂ©er une nouvelle institution, lâOrganisation Mondiale de la Connaissance Bien Commun des Habitants de la Terre (OMC-HT).
Objectif 4. Pour une Charte Planétaire des Biens Communs Publics Mondiaux, (CP-BCPM).
Il faut faire reconnaĂźtre par lâONU que lâeau pour la vie est un bien commun public mondial non appropriable Ă titre privĂ© et que cela vaut aussi pour lâair, lâĂ©nergie solaire, lâĂ©nergie Ă©olienne, la connaissance, lâalimentation, la santĂ©, le logement, les transports collectifs, lâĂ©ducation.
La ConfĂ©rence des Nations Unies de 2026 doit ĂȘtre lâoccasion de reconnaĂźtre le droit de lâeau elle-mĂȘme Ă la vie, Ă son intĂ©gritĂ©, en confĂ©rant aussi la personnalitĂ© juridique aux masses dâeau, aux fleuves, aux lacs et aux zones humides, (voir Ă©galement Ă ce sujet lâObjectif 8).
Actuellement, ces biens et services sont sĂ©parĂ©s, Ă©miettĂ©s, et câest un non-sens de laisser Ă la rivalitĂ©, Ă la compĂ©titivitĂ©, Ă lâappĂąt de lâargent et de la puissance la rĂ©gulation de lâaccĂšs Ă lâeau potable, Ă lâĂ©nergie, Ă la santĂ©, Ă la connaissance, aux transports publics, au logement.
Les marchĂ©s, en particulier les marchĂ©s financiers, ne connaissent pas de droit sinon celui des propriĂ©taires de capital. Les marchĂ©s financiers ne savent pas ce quâest la justice.
Les dominants ont prĂ©tendu que la propriĂ©tĂ© publique ou privĂ©e nâest plus un facteur de diffĂ©renciation pertinent dans le domaine des relations entre les ĂȘtres humains, lâimportant câest la modalitĂ© (en commun ou pas) de la gestion des biens et des services. Ils ont aussi imposĂ© lâidĂ©e que ce qui est commun ne peut pas ĂȘtre dĂ©fini a priori. Il dĂ©pend de la volontĂ© consensuelle entre les personnes et les groupements humains qui dĂ©cident de gĂ©rer un bien ou un service ensemble, selon des rĂšgles communes fixĂ©es de commun accord (ThĂšse du Prix Nobel de lâĂ©conomie 2009, Elinor Ostrom, USA) (14). Enfin, ils ont lĂ©gifĂ©rĂ© que des entreprises privĂ©es, mĂȘme cotĂ©es en Bourse, peuvent gĂ©rer des biens et des services communs mondiaux essentiels Ă la vie sous la dĂ©lĂ©gation directe des autoritĂ©s publiques. Pratiquement, le concept de gouvernement public des biens et des services ne fait plus partie, dans la majoritĂ© des cas, de la culture et de lâagenda politique de nos pays. II faut rĂ©tablir le caractĂšre public du pouvoir politique de nos sociĂ©tĂ©s (15).
La reconnaissance par lâONU des biens communs publics mondiaux et, en particulier, de la personnalitĂ© juridique des corps hydriques, ne sera, hĂ©las, pas suffisante, car le pouvoir dâinfluence de lâONU sur le monde du business et de la finance est en baisse depuis les annĂ©es â90. Câest le contraire qui sâest imposĂ© par la signature en 2000 du Global Compact 2000 par lâONU (16) autorisant les grandes entreprises privĂ©es multinationales Ă ĂȘtre associĂ©es Ă toutes les activitĂ©s onusiennes, sans droit de veto.
Le constat est incontestable : le systĂšme Ă©conomique actuel est bon uniquement et en partie pour les Etats puissants et les couches sociales riches. La monnaie nâest plus un instrument public de rĂ©gulation. Elle est tombĂ©e sous lâemprise du monde du business et de la finance. LâĂtat nâa plus de pouvoir souverain effectif en matiĂšre de politique monĂ©taire : ce sont les grandes entreprises mondiales (principalement privĂ©es, mais aussi Ă©tatiques) qui fixent la valeur de lâargent dans les marchĂ©s, les Banques centrales se limitant Ă rĂ©agir sur le taux dâintĂ©rĂȘt vers le bas ou vers le haut (17). Câest pour cela que la valeur dâune entreprise se mesure aujourdâhui en fonction de sa capitalisation boursiĂšre car plus ses actions sont bien cotĂ©es plus son influence sur les marchĂ©s est Ă©levĂ©e et son pouvoir politique est grand (18).
Lâune des consĂ©quences les plus dĂ©lĂ©tĂšres de la financiarisation de la vie et de la nature est la perte de rĂŽle des collectivitĂ©s locales, notamment les Communes. Responsables et garantes en principe de la sauvegarde et de la promotion de base des biens communs publics essentiels pour la vie, les Communes ne sont plus en mesure de lâĂȘtre et leur autonomie financiĂšre nâest plus assurĂ©e. Elles sont Ă la merci des dĂ©tenteurs privĂ©s de capitaux et doivent sâendetter sur les marchĂ©s des capitaux. Câest paradoxal, mais leur identitĂ© territoriale, voire lâidentitĂ© sociĂ©tale, est davantage nourrie et vĂ©cue par lâĂ©quipe locale de football, de basketball, de rugby (les « sponsors ») que par le systĂšme dâĂ©ducation, les transports collectifs locaux, les services de santĂ©, le gouvernement de lâeau et le plein emploi ! Les Communes sont rĂ©duites Ă ĂȘtre surtout des terminaux efficients de la gestion des services locaux en conformitĂ© aux principes, objectifs et standards globaux des plateformes de conception et de propriĂ©tĂ© des nouveaux « seigneurs de lâIA ». Adieu « communautĂ©s de base », « dĂ©mocratie locale », « futur commun ».
Objectif 5. Pour une Nouvelle Architecture FinanciĂšre PlanĂ©taire (NAFP). LibĂ©rer lâeau et lâensemble des biens communs essentiels pour la vie, de la financiarisation et de la technocratisation conquĂ©rantes, facteurs dâaggravation de la prĂ©dation de la vie et des inĂ©galitĂ©s sociales.
Lâeau nâest pas « lâor bleu ». LâONU doit lâaffirmer avec force. Lâeau nâest pas non plus un « avoir financier ». Câest encore pire. Lâeau nâest pas la « propriĂ©tĂ© » des classes dominantes. Câest absurde. Lâeau, câest la source de la vie globale de la Terre dont nous faisons partie et sommes responsables au nom de tous les Habitants de la Terre, au-delĂ du dualisme nature/ĂȘtres humains.
Il est absolument illusoire de penser que le systĂšme financier actuel, de plus en plus transformĂ© par les logiques conquĂ©rantes technocratiques de la rĂ©volution de lâIA, inspirĂ©es par la culture des « Stars Wars » et du « Seigneur des anneaux », puisse songer Ă promouvoir une finance au service du bien-vivre matĂ©riel et immatĂ©riel de tous.
Au lieu de protĂ©ger la nature et sa biodiversitĂ©, la rĂ©duction de la nature Ă des actifs financiers autorise la biopiraterie planĂ©taire selon des formes nouvelles. A la base de la nouvelle aristocratie technocratique en consolidation, il nây a pas lâIA mais le choix idĂ©ologique des humains dominants de la sociĂ©tĂ© capitaliste qui ont rĂ©duit la nature Ă des avoirs financiers et la vie, en gĂ©nĂ©ral, Ă des marchandises.
Pour « les seigneurs de lâIA » actuels, lâexistence de plus de 4,5 milliards dâĂȘtres humains sans couverture de base sur leur santĂ© nâest pas un problĂšme majeur. Elle nâest pas en train de modifier leur « algorithme » financier ! Il en est de mĂȘme du gĂ©nocide des Palestiniens par le gouvernement actuel dâIsraĂ«l.
Le cas est diffĂ©rent en ce qui concerne la rarĂ©faction quantitative et qualitative de lâeau. La finance, on lâa vu, poursuit avec grand intĂ©rĂȘt les opportunitĂ©s ouvertes pour la croissance des marchĂ©s mondiaux de lâeau, en particulier dans les domaines du traitement des eaux usĂ©es et leur recyclage, dans la potabilisation de lâeau, le dessalement de lâeau des mers, la digitalisation de la gestion de la distribution facturation Ă distance, dĂ©tection des fuites Ă distance, services aux clients. Lâargent ira toujours plus dans ces domaines car leur rendement financier est particuliĂšrement Ă©levĂ© (19). MĂȘme intĂ©rĂȘt pour les volumes Ă©normes dâeau, en expansion partout, dont les data centers ont besoin pour le refroidissement de leurs centrales. Comme signalĂ© dĂ©jĂ dans la note (6), les data centers sont tellement assoiffĂ©s que leur implantation se traduit par un vĂ©ritable assĂšchement des nappes phrĂ©atiques au dĂ©triment des besoins en eau potable des mĂ©nages et des autres activitĂ©s Ă©conomiques essentielles pour la vie. RĂ©sultat : les habitants dâun nombre croissant de localitĂ©s sont dĂ©sormais en lutte contre la crĂ©ation des datacentres dans leur territoires (20).
La fonction fondamentale de lâIA est dâoptimiser la valeur publique des activitĂ©s essentielles pour la vie, en particulier la fonction financiĂšre dans sa double composante, lâĂ©pargne et âinvestissement dans lâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral et pour le bien commun.
A cette fin, nous proposons, dâune part, la crĂ©ation dâune Agence planĂ©taire de lâIntelligence artificielle, en charge dâassurer, mutatis mutandis, les fonctions de suivi, stimulation et contrĂŽle exercĂ©es Ă ce jour, par exemple, par lâAgence Internationale de lâĂnergie Atomique, et, dâautre part, la mise en place de La Caisse Commune de la PlanĂšte, dont la premiĂšre initiative serait, grĂące aussi aux moyens dâinfo-communication permis par lâIA, de lancer une campagne-populaire pour « Dix millions de citoyens pour 100 millions de citernes dâeau ». Cette campagne serait la premiĂšre dont le but concret et symbolique serait de confirmer que le sentiment de faire partie dâune communautĂ© mondiale peut permettre dâadopter des solutions partagĂ©es Ă la crise de la vie actuelle.
Objectif 6. CrĂ©ation du Parlement PlanĂ©taire de lâEau (PPEau), expression institutionnalisĂ©e de la conscience dâappartenance Ă une « communautĂ© mondiale de vie », lâHumanitĂ©, et lieu de lâexercice du pouvoir de responsabilitĂ© collective des citoyens et peuples « Habitants de la Terre ».
Face Ă la gravitĂ© de la crise mondiale de lâeau et de la vie de la Terre, il faut insister sur la primautĂ© du pouvoir de responsabilitĂ© collective plutĂŽt que du pouvoir de souverainetĂ© des citoyens et des peuples « Habitants de la Terre ». A cette fin, il faut que nous nous dotions dâinstruments dâaction exceptionnels, appropriĂ©s, Ă la mesure des enjeux et des responsabilitĂ©s collectives. Lâaccent mis sur le leadership mondial est une nĂ©gation des droits universels Ă la vie des Habitants de la Terre. Il fait partie du domaine de lâinjustice.
Il nây a pas de CommunautĂ© de vie globale de la Terre sans lâinstitutionnalisation multiforme de lâHumanitĂ© en tant que sujet juridique et politique garant de la sauvegarde et des soins de la vie de la Terre. Le domaine de lâeau se prĂȘte de maniĂšre idĂ©ale Ă ĂȘtre le symbole concret dâune institutionnalisation de lâHumanitĂ© et des biens communs publics mondiaux essentiels pour la vie de tous les habitants de la terre.
MalgrĂ© leurs nombreuses limites et insuffisances, lâAssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale onusienne, les parlements continentaux pluri-territoriaux (Parlement europĂ©en, ParlatinoâŠ) et les nombreuses organisations de coopĂ©ration entre les bassins binationaux et plurinationaux du monde, montrent que la mise en route dâun Parlement planĂ©taire est indispensable et possible.
Certains, au sein du systĂšme dominant, pensent que le PPEau nâest pas nĂ©cessaire car le Forum Mondial de lâEau, mis en place en 1997 par le Conseil Mondial de lâEau créé en 1995-6 (21), est devenu en 30 ans la plus puissante organisation internationale en matiĂšre de politique de gestion Ă©conomique et technologique de lâeau selon la formule du Partenariat Public PrivĂ©. Un rĂŽle formellement validĂ© par lâONU via la crĂ©ation en 2007, dans le cadre du Pacte global de lâONU, du CEO Water Mandate (Le mandat sur lâeau des chefs dâentreprises) confiant au monde des entreprises privĂ©es la tĂąche dâĂ©laborer une proposition pour une politique mondiale de lâeau (22). Le Forum Mondial de lâEau exerce une influence hĂ©gĂ©monique Ă lâĂ©chelle mondiale, mais selon les logiques de lâĂ©conomie capitaliste de marchĂ©, et dans les intĂ©rĂȘts des grandes coalitions oligopolistiques, technocratiques financiĂšres mondiales. Dâailleurs, au cours de ces 30 derniĂšres annĂ©es, il nâa pas empĂȘchĂ© la crise mondiale de lâeau et Il a contribuĂ© Ă renforcer et Ă globaliser lâemprise des intĂ©rĂȘts des grandes entreprises/instituions privĂ©es sur les politiques nationales et internationales de lâeau.
Dans ce domaine, lâONU devrait revoir ses positions et former un Groupe Constituant pour un Parlement planĂ©taire de lâEau. Au cas oĂč des membres du Conseil de SĂ©curitĂ© de lâONU devaient mettre le veto, il reviendra Ă une coalition dâĂtats de prendre lâinitiative, avec le soutien de milliers dâONG actives dans les domaines de lâeau, des droits universels et des biens communs mondiaux (23).
Objectif 7. ArrĂȘter lâĂ©touffement des fleuves, des lacs, des zones humides (les « artĂšres de la Terre ») Ă cause des grands barrages.
SâĂ©couler est le propre de lâeau, environ 60.000 barrages ont altĂ©rĂ© la texture et le bon fonctionnement des « artĂšres » hydriques de la PlanĂšte. Exemple fort connu : le Colorado. Un nombre important des « artĂšres » sâĂ©touffent et, empoisonnement chimique aidant, se meurent. Plus de 19.000 grands barrages vĂ©tustes sont Ă risque Ă©levĂ© dâeffondrement avec des consĂ©quences humaines et environnementales dramatiques (24). La Turquie a construit 61 grands barrages sur les fleuves jumeaux, le Tigre et lâEuphrate (25). La Chine possĂšde le record du nombre de barrages les plus gigantesques, comme celui des Trois Gorges. Et, contrairement Ă sa tendance actuelle en faveur dâun dĂ©veloppement durable, elle a dĂ©cidĂ© dâen construire un encore puis gigantesque, trois fois plus puissant, le barrage Motuo dans le plateau du Tibet (26). LââAfrique, de son cĂŽtĂ©, cherche Ă suivre ses pas (27) avec le soutien de la Banque mondiale. Au lieu de les construire, la prioritĂ© doit ĂȘtre donnĂ©e Ă leur dĂ©molition et rĂ©adaptation. Bon signe : plus de 1.900 (500 en Europe) projets de dĂ©molition ou de rĂ©amĂ©nagement de vieux barrages et autres barriĂšres sont en cours de rĂ©alisation (28).
La construction des barrages entraĂźne, entre autres effets dĂ©vastateurs, la rĂ©duction de la circulation normale de lâeau dans le corps de la Terre. Au cours des annĂ©es, le dĂ©bit se rĂ©duit, les fleuves ne portent plus leurs eaux Ă la mer, la salinitĂ© de leur delta augmente dangereusement, les poissons disparaissent⊠Qui plus est, lâeau « prĂ©levĂ©e » des barrages a trĂšs souvent Ă©tĂ© orientĂ©e vers des usages prĂ©dateurs de lâeau tels que lâirrigation Ă aspersion pour lâagriculture industrielle pour lâexportation, les extractions miniĂšres, ⊠Ces usages sont sources de conflits entre zones urbaines et rurales, entre paysans et communautĂ©s locales et les entreprises multinationales (voir les nombreux cas connus, notamment en Inde, au Mexique, en France, aux Ătats-Unis, au Maroc, au BrĂ©sil, en Ăquateur, au NigĂ©ria, au KenyaâŠ(29).
Souvent, les barrages sont utilisĂ©s en tant quâinstruments puissants de pression et de chantage de la part des Etats en amont vis-Ă -vis de ceux situĂ©s en aval du mĂȘme fleuve. Cas des fleuves bi- et pluri-nationaux comme le Nil entre lâEthiopie et lâEgypte et, cas plus explosif, des fleuves dont la source se trouve en Inde mais dont les eaux sont essentielles e pour le Pakistan⊠Le conflit en cours entre le Pakistan et lâInde est trĂšs dangereux pour les consĂ©quences quâil peut engendrer au niveau de lâAsie, voire du monde.
La rĂ©alitĂ© est quâun des objectifs majeurs des grands barrages est dâassurer indĂ©pendance et sĂ©curitĂ©, notamment pour les pays du « Sud » du monde et leur dĂ©veloppement Ă©conomique et social.
Lâobjectif de la sĂ©curitĂ© est sĂ»rement lĂ©gitime. Celui de lâindĂ©pendance comporte des ambiguĂŻtĂ©s sĂ©rieuses de nature « nationaliste », religieuse, Ă©conomiques stratĂ©giques lĂ©gitimant la « raison du plus fort ». MĂȘme la sĂ©curitĂ©, cependant, devient un facteur majeur de crises en lâabsence (ou dysfonctionnement) de contrats/pactes Ă©tablissant une gestion politique des fleuves bi- et pluri-nationaux en commun, coopĂ©rative. Ces contrats/pactes sont nĂ©cessaires. Ils empĂȘchent les conflits entre les Etats. Mais, ils sont fragiles et inefficaces si les principes Ă©conomiques fondamentaux de la gestion de lâeau restent inspirĂ©s par les principes de la compĂ©titivitĂ© et de la rentabilitĂ© financiĂšre.
Enfin, les luttes menĂ©es ces quarante derniĂšres annĂ©es contre les grands barrages ont Ă©tĂ© et demeurent nombreuses et dâimportance internationale. Bien connues celle des 10 000 femmes indiennes contre le barrage sur la riviĂšre Narmada, sous lâimpulsion de Meda Paktar, lâange gardien des fleuves indiens sacrĂ©s (ils sont sept en Inde) ; celles des femmes brĂ©siliennes du MAB (Mouvement des personnes affectĂ©es par les Barrages) contre les barrages miniers avant et aprĂšs leur Ă©croulement tragique Ă Mariana (2015) et Brumadinho (2019) (30) et celle du mouvement chilien « Patagonia sin represas » (« La Patagonie sans barrages » ) qui a rĂ©ussi Ă bloquer les projets de construction de plusieurs barrages dans le nord de la Patagonie (partie du Chili). Parmi les principaux promoteurs du mouvement « Patagonia sin represas » figurait lâĂ©vĂȘque dâAysĂ©n, en Patagonie, Luis Infanti de la Mora, cofondateur en 2018 et dirigeant de lâAgora des Habitants de la Terre (31).
A cette fin, dans le cadre de la nouvelle rĂ©solution de lâONU que nous proposons dans le cadre de lâobjectif 4 sur le droit universel Ă lâeau potable et Ă lâassainissement, la ConfĂ©rence de lâONU de 2026 devrait ĂȘtre lâoccasion :
â dâaffirmer les droits de lâeau et de la nature Ă leur intĂ©gritĂ© et bon Ă©tat Ă©cologique, et
â de reconnaĂźtre une personnalitĂ© juridique aux corps hydriques, les fleuves, les lacs et les zones humides, conformĂ©ment aux nouveaux dĂ©veloppements du droit international en matiĂšre du droit de la nature à ĂȘtre protĂ©gĂ©e.
Des pays ont dĂ©jĂ accordĂ© la personnalitĂ© juridique aux corps hydriques : LâĂquateur (fleuve Machangara) a mĂȘme inscrit les droits de la nature dans sa Constitution, premier pays Ă le faire ; la Colombie (Atrato et 13 autres cours dâeau ainsi que la forĂȘt amazonienne colombienne), la Nouvelle-ZĂ©lande (Whanganui), lâInde (Gange, Yamuna), les Ătats-Unis (fleuve), lâEspagne (la zone humide Mar intĂ©rior), le PĂ©rou (Maranon), le QuĂ©bec (Magpie), la France (Corse (Tavignanu), lâAngleterre (Ouse). Le Bangladesh a reconnu en 2019 tous les fleuves comme des personnes morales et entitĂ©s vivantes. En Italie, la mobilisation des citoyens est devenue plus forte concernant le Lac de Garde (VĂ©nĂ©tie) et le fleuve Tagliamento (Frioul) (32).
Objectif 8. Stopper la pĂ©trolisation de lâeau, en gĂ©nĂ©ral, et la cocacolisation de lâeau minĂ©rale naturelle, en particulier. Ensemble, elles sont Ă lâorigine de lâune des prĂ©dations de lâeau conscientes les plus ravageuses au plan des valeurs de lâeau et de la vie.
Dâabord, en rĂ©duisant lâeau Ă une matiĂšre premiĂšre dâimportance stratĂ©gique pour lâĂ©conomie, donc prĂ©cieuse, indispensable, comme le pĂ©trole, appelĂ© lâor noir, les groupes dominants ont appelĂ©e lâeau, lâor bleu du XXe siĂšcle. Lâor bleu est une notion contraire Ă lâeau source de vie pour tous. Elle affirme lâinĂ©vitabilitĂ© de lâaccaparement privĂ© possessif, exclusif, de lâeau, de la rivalitĂ© compĂ©titive pour la domination des marchĂ©s, de lâinstrumentalisation de lâeau au service de la guerre.
Dâautre part, en rĂ©duisant lâeau minĂ©rale naturelle, et puis, mĂȘme lâeau potable (« lâeau du maire ») Ă un bien de consommation de masse Ă exploiter dans tous les continents, on a « jeté » lâeau dans les griffes des marchands mondiaux en lutte pour extraire de lâeau le maximum de profit, en faisant fi de toute proclamation que lâeau est pour la vie et non pas pour le profit (33).
La poursuite du profit, avec le plus souvent le soutien des pouvoirs publics, a conduit dans le domaine des eaux minĂ©rales naturelles Ă une situation intolĂ©rable pour les citoyens. Les Communes/collectivitĂ©s locales ont vendu en concession â ce quâelles nâauraient pas dĂ» faire â la gestion de lâexploitation des sources (de facto, la propriĂ©tĂ©) pour 30-40 ans voire plus. En contrepartie, elles nâont demandĂ© quâune redevance ridicule par rapport aux bĂ©nĂ©fices des entreprises concessionnaires qui se chiffrent par millions, voire par milliards annuels. En outre, elles nâont pas imposĂ© des taxes aux entreprises pour couvrir les coĂ»ts payĂ©s par la collectivitĂ© en raison de la grave pollution causĂ©e par les bouteilles en plastique !
DĂšs lors, on comprend mal la faiblesse des contrĂŽles sur la gestion des eaux minĂ©rales par les pouvoirs publics, source inĂ©vitable dâaccords de corruption comme le confirme le dernier scandale de NestlĂ©-France (34) consistant dans le fait que NestlĂ© a manipulĂ© et vendu pendant plusieurs annĂ©es certaines marques, alors que toute eau minĂ©rale naturelle ne peut ; en aucune cas, par loi, dans le monde entier, ĂȘtre traitĂ©e. Elle doit ĂȘtre embouteillĂ©e telle quâelle. On peut uniquement ajouter ou rĂ©duire lâanhydride carbonique.
Enfin, la « cocacolisation » des eaux minĂ©rales naturelles et de source sâest traduite par rendre ces eaux les principales responsables de la contamination chimique par les plastiques de la planĂšte par le dĂ©versement sur terre et dans les eaux (notamment les ocĂ©ans) en 2024 plus de 360 milliards de bouteilles en plastiques (35). Il est urgent que les entreprises et les pouvoirs publics arrĂȘtent de se limiter Ă des promesses- dĂ©clarations de rĂ©duction-Ă©limination des plastiques. Les citoyens doivent refuser de continuer Ă accepter que les logiques des dĂ©tenteurs des capitaux des entreprises cotĂ©es en Bourse soient imposĂ©es en tant que les logiques de la rĂ©gulation mondiale des rapports entre les ĂȘtres humains eux-mĂȘmes et de lâensemble de la vie globale de la Terre. Dans ce sens, ils doivent sans tarder revendiquer lâapplication dâun Engagement pour la SĂ©curitĂ© et la ResponsabilitĂ© Publique au niveau des CommunautĂ©s Locales dans le domaine des Eaux minĂ©rales naturelles et de source.
Un « Engagement » innovateur qui part dâen bas portant surtout sur le financement des CommunautĂ©s locales suivant les principes et les modalitĂ©s de lâĂ©conomie coopĂ©rative.
RĂ©inventer la conception, et sa mise en place, de la Caisse Commune de la PlanĂšte (voir Objectif 5) Ă partir des communautĂ©s de base pour le financement des droits universels et des biens communs publics mondiaux essentiels pour la vie, nous paraĂźt une voie privilĂ©giĂ©e Ă suivre sur les chemins dâune « éco-nomie » (« les rĂšgles de la maison ») de justice et de solidaritĂ©.
Objectif 9. Lâappauvrissement doit ĂȘtre dĂ©clarĂ© un dĂ©lit, un vol de la vie. Il faut abandonner le principe que le pouvoir dâachat est la base de lĂ©gitimation du droit Ă lâeau (et Ă la santĂ©, au logement, aux transports collectifs, Ă lâĂ©ducationâŠ). Il faut rĂ©affirmer le principe de la gratuitĂ© du droit Ă lâeau. La gratuitĂ© câest la justice entre Ă©gaux.
Dans nos sociĂ©tĂ©s, au cas oĂč on ne peut pas payer le prix de lâeau au prix de marchĂ©, on est exclu du droit Ă lâeau potable et Ă lâassainissement dans la quantitĂ© et la qualitĂ© suffisantes pour vivre, mĂȘme si lâeau est disponible. Dans ce cas, on a uniquement le droit Ă ĂȘtre sujet bĂ©nĂ©ficiaire de lâaide publique, de la misĂ©ricorde Ă©tatique, ou privĂ©e, de la bienfaisance, de la « Charity business ». Câest dire que ce nâest pas lâabsence dâeau qui rend les personnes pauvres. Le facteur gĂ©nĂ©rateur de lâexclusion Ă lâeau pour des raisons juridiques, Ă©conomiques ou politiques, est lâappauvrissement. Ce dernier crĂ©e la rarĂ©faction de lâeau (voir Objectif 4).
Un appauvrissement qui, comme le montre bien Francine Mestrum dans son dernier important ouvrage (36), est utilisĂ© comme fondement pour une opĂ©ration culturelle idĂ©ologique outrageuse, celle de la criminalisation de la pauvretĂ©. Or, la Chine, le Vietnam et le Kerala (en Inde) ont rĂ©ussi ces derniĂšres annĂ©es Ă combattre les facteurs structurels gĂ©nĂ©rateurs de lâextrĂȘme pauvretĂ©. Ils ont officiellement communiquĂ© Ă lâONU que dans leurs pays nâexistent plus de personnes en Ă©tat dâextrĂȘme pauvretĂ© conformĂ©ment aux paramĂštres dĂ©finis par la Banque mondiale. Câest dire quâĂ©liminer lâextrĂȘme pauvretĂ© est possible si les pouvoirs publics en font un objectif prioritaire et le poursuivent de maniĂšre cohĂ©rente et permanente sur une longue pĂ©riode. Le mĂȘme constat vaut pour lâĂ©radication des facteurs gĂ©nĂ©rateurs de lâappauvrissement en gĂ©nĂ©ral.
DĂšs lors, lâĂ©radication effective de la pauvretĂ© absolue constitue un instrument clĂ© pou, assurer la disponibilité de lâeau potable et de lâassainissement pour tous.
Les propositions institutionnelles (PI)
- Conseil PlanĂ©taire des Citoyens de la SĂ©curitĂ© de lâEau
- Parlement PlanĂ©taire de lâEau
- Traité Mondial de la Coopération Commerciale
- Organisation Mondiale de la Connaissance-Bien Commun
- Charte Planétaire des Biens Communs Publics des Habitants de la Terre
- Nouvelle Architecture FinanciÚre Planétaire
- Agence PlanĂ©taire de lâIntelligence Artificielle
- Caisse Commune de la PlanĂšte
Conclusion
Les solutions pour un autre devenir de la vie et de lâeau existent. Parmi les plus prĂ©gnantes de changement figurent, Ă notre avis :
- Lâabolition des brevets privĂ©s et Ă but lucratif sur le vivant et sur lâIA ;
- LâĂ©radication des facteurs dâappauvrissement gĂ©nĂ©rateurs de la pauvretĂ©/exclusion;
- La libĂ©ration de lâeau et de lâensemble des biens communs essentiels pour la vie de leur soumission aux logiques prĂ©datrices de la financiarisation capitaliste de lâĂ©conomie et de la technocratisation guerriĂšre de la sociĂ©tĂ©.
Sans les autres Objectifs, cependant, ils risquent de rester des Ă©toiles lumineuses mais trĂšs lointaines. Tous les Objectifs comportent, pour ĂȘtre atteints, une puissante et large mobilisation politique et sociale dans le monde entier. Cette mobilisation semble aujourdâhui Ă©merger au moment mĂȘme oĂč la puissance du systĂšme dominant est en crise Ă©vidente, alors quâil donne lâimpression dâĂȘtre plus puissant que jamais.
La condition globale de la vie est certainement mouvante mais elle reste ambiguĂ« et incertaine. DâoĂč le rĂŽle important constructif des mouvements qui se veulent clairement utopiques, ouvriers des alternatives. On peut arrĂȘter des manifestations de rue, mais pas une marĂ©e de peuples qui rĂȘvent, en rĂ©volte.
Notes
(1) Vert.eco/articles/limiter-le-rechauffement-planetaire-sous-15-c-nest-desormais-plus-atteignable-des-chercheurs-du-monde-entier-sonnent-lalarme. Voir aussi https://www.greenetvert.fr/climat-emissions-co2-mondiales-progressent-2025/
(2) https://www.globalwaterintel.com/documents/rethinking-resilience
(5) Video « Thereâs a Race to Power the Future. China Is Pulling Away » www.nytimes.com/interactive/2025/06/30/climate/china-clean-energy-power.html
(7) https://www.geo.fr/environnement/pfas-interdictions-controles-et-seuils-limites-dans-le-monde-225451, 4 avril 2025
(8) https://marine.copernicus.eu/fr/press/press-releases/every-part-ocean-now-affected-triple-planetary-crisis-reveals-ninth-copernicus, septembre 2025. A lire aussi le rĂ©sumĂ© de lâĂ©tude « Cumulative impacts to global marine ecosystems projected to more than double by mid-century » dans Science, 4 Sep 2025, Vol 389, Issue 6755, pp. 1216-1219.
(9) https://www.generationsanstabac.org/fr/actualites/inc-5-2-a-geneve-nouvel-echec-du-traite-mondial-sur-la-pollution-plastique/ LâĂ©chec a Ă©tĂ© dĂ» Ă lâinfluence dĂ©terminante de lâindustrie pĂ©trochimique et des lobbies associĂ©s prĂ©sents en masse Ă la confĂ©rence, grĂące aussi au soutien et Ă la complicitĂ© politiques de nombreux Etats parmi les plus puissants.
(10) On trouvera une description dâun exemple rĂ©cent le plus paradigmatique de cette alliance/complicitĂ© concernant la stratĂ©gie europĂ©enne de la rĂ©silience dans le domaine de lâeau de lâUE et de sa soumission aux logiques et intĂ©rĂȘts de lâindustrie chimique, dans https://www.pressenza.com/fr/2025/06/lalignement-la-nouvelle-strategie-europeenne-de-la-resilience-dans-le-domaine-de-leau Nâoublions pas le scandale reprĂ©sentĂ© aux USA par le fait que la totalitĂ© des dirigeants mis Ă la tĂȘte de lâEPA (Environnemental Protection Agency) par Trump ont Ă©tĂ© auparavant les principaux lobbyistes de lâindustrie chimique, agroalimentaire et pharmaceutique qui durant des annĂ©es avaient luttĂ© contre les mesures de rĂ©gulation de contrĂŽle et dâĂ©valuation dans le domaine de la pollution chimique ! Quelle honte ! Selon Lori Ann Burd, avocate principale au Center for Biological Diversity, âItâs incredible, the entire leadership of EPAâs office that regulates chemicals and pesticides comes directly from industry.â Cf. Hiroko Tabuchi, « Former lobbyists at the E.P.A, in The New York Times, Climate Forward, 21/10/2025.
(11) https://www.wipo.int/web-publications/ip-facts-and-figures-2024/fr/index.html
(15) https://Pour.press/leau-il-faut-republiciser-letat/
(16) https://fr.wikipedia.org/wiki/Pacte_mondial. Voir en particulier le Pacte global dans le domaine de lâeau de 2007, https://ceowatermandate.org/, autorisant le monde du business, surtout les grandes compagnies multinationales, de participer aux activitĂ©s de lâOnu, au mĂȘme titre que les Etats sans le droit de vote.
(17) https://www.lautjournal.info/20241024/les-dominants-ne-respectent-plus-aucune-limite
(18) https://www.lafinancepourtous.com/outils/dictionnaire/capitalisation-boursiere-dune-entreprise/
(20) Voir https://affordance.framasoft.org/2023/08/guerre-eau-et-des-donnees/, en particulier les cas de lâUruguay, Toledo, Taiwan⊠(lâarticle date de 2023, depuis des cas ont explosĂ© partout⊠). Cf. Luca Pisapia, âI data center delle piattaforme prosciugano i rubinetti dellâacquaâ, 18 aoĂ»t 2025, https://valori.it/data-center-intelligenza-artificiale-consumo-acqua/
(21) https://fr.wikipedia.org/wiki/Forum_mondial_de_lâeau
(22) https://ceowatermandate.org/
(23) Une des premiĂšres propositions en faveur de la crĂ©ation dâun PPEau a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e Ă lâoccasion de la COP15 en dĂ©cembre 2009 Ă Copenhague. La COP elle-mĂȘme fut un Ă©chec, dominĂ©e, entre autres, par les divergences entre les USA et la Chine.
(24) Pour la CIGB (Commission Internationale des Grands Barrages), un grand barrage est un barrage dâune hauteur supĂ©rieure Ă 15 mĂštres, des fondations les plus basses Ă la crĂȘte, ou un barrage qui retient plus de 3 millions de mĂštres cubes dâeau. Sa fonction est rĂ©guler le dĂ©bit et/ou stocker de lâeau, notamment pour le contrĂŽle des crues, lâirrigation, lâindustrie, lâhydroĂ©lectricitĂ©, la pisciculture et la retenue dâeau potable. Concernant les 19 mille barrages vieux, voir https://www.researchgate.net/publication/348754254_Ageing_Water_Storage_Infrastructure_An_Emerging_Global_Risk_11
(25) https://www.turquie-culture.fr/pages/geographie/economie-turque/barrages-de-turquie.html, 24 Août 2015. Il y a en Turquie plus de 500 barrages dont 300 grands barrages.
(27) https://energynews.pro/barrages-en-afrique-les-plus-grands-projets/#google
(28) https://wwf.be/fr/actualites/500-barrages-demanteles-en-europe-lan-dernier-un-record
(29) Car comme on le sait depuis longtemps, Cf. Riccardo Petrella, Le manifeste de lâeau, Labor, Bruxelles, 1998, les guerres de lâeau sont surtout des guerres entre les groupes agro-industriels. Voir lâanalyse plus rĂ©cente (juin 2023) Akram BelkaĂŻd, Guerre entre Ătats, mainmise des multinationales, dans https://www.monde-diplomatique.fr/2023/06/BELKAID/65829
(30) Concernant lâInde, voir https://journals.openedition.org/geocarrefour/7252?lang=en (mais aussi, en gĂ©nĂ©ral, sur les dĂ©rives des grands projets hydrauliques), et sur le BrĂ©sil https://reporterre.net/Face-auravage-des-barrages-la-mobilisation-des-femmes-bresiliennes
(31) Pour une description succincte du mouvement « Patagonia sin represas » et de son succÚs, https://commons.princeton.edu/patagonia/kaelani-b
(32) Sur le sujet, voir avant tout la DĂ©claration de lâIUCN (International Union for the Conservation of Nature, https://iucn.org/sites/default/files/2022-10/world_declaration_on_the_environmental_rule_of_law_final_2017-3-17.pdf  ainsi que le MĂ©moire dâĂtude, Quand la riviĂšre devient sujet, https://matheo.uliege.be/handle/2268.2/24245?locale=fr et https://www.editionsjfd.com/boutique/une-personnalite-juridique-pour-le-fleuve-saint-laurent-et-les-fleuves-du-monde-11091  publiĂ© par lâObservatoire International sur les droits de la Nature, prĂ©sidĂ© par Jenny Vega, Ă MontrĂ©al.
(33) Lire https://reporterre.net/Partout-dans-le-monde-le-business-mortifere-des-bouteilles-d-eau
(34) https://www.pressenza.com/fr/2025/08/il-y-avait-une-fois-leau/. Le SĂ©nat de la France a publiĂ© en juin 2024 un trĂšs riche rapport dâenquĂȘte « Eaux minĂ©rales naturelles : prĂ©server la puretĂ© â Rapport » dont une bonne partie est dĂ©diĂ©e aux contrĂŽles, aux scandales, etc. https://www.senat.fr/rap/r24-628-1/r24-628-1.html
(35) Selon une Ă©tude amĂ©ricaine publiĂ©e dans la revue Sciences en 2015, 8 millions de tonnes de plastique sont dĂ©versĂ©es chaque annĂ©e dans les ocĂ©ans. Ce volume pourrait atteindre 80 millions de tonnes en 2025 si le recyclage ou lâutilisation du plastique ne sont pas amĂ©liorĂ©s dâici lĂ . Eh, bien, on y est.
(36) Francine Mestrum, Criminaliser la pauvretĂ©. Les puissants et le monde de lâexclusion, Editions Couleurs Livres, Mons, 2025.