L’EAU POTABLE : UNE CRISE MONDIALE ET L’URGENCE D’UN DROIT HUMAIN FONDAMENTAL

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État des lieux : une faillite hydrique mondiale

La crise de l’eau potable atteint aujourd’hui une ampleur sans précédent. Selon les derniers rapports de l’ONU-EAU et de l’UNICEF (GLAAS 2025, publiés janvier 2026), 2,1 milliards de personnes — soit 26 % de la population mondiale (une personne sur quatre) — n’ont toujours pas accès à une eau potable sûre. Parmi elles, 106 millions de personnes dépendent directement de eaux de surface non traitées. Cette proportion représente un quart de l’humanité privée de ce besoin vital élémentaire.

Les données du rapport GLAAS 2025 (OMS/ONU-Eau, basé sur 105 pays) révèlent une situation financière critique : moins de 20 % des pays déclarent disposer de financements suffisants pour atteindre leurs objectifs nationaux en matière d’eau, d’assainissement et d’hygiène (WASH), et moins de 25 % peuvent financer la mise en œuvre de leurs plans WASH.

Plus alarmant encore, le Rapport mondial des Nations Unies sur les ressources en eau (janvier 2026), publié par l’Institut universitaire des Nations unies pour l’eau, l’environnement et la santé (UNU-INWEH), annonce officiellement que la Terre est entrée dans une “ère de faillite hydrique mondiale”, où la consommation d’eau douce dépasse largement le renouvellement naturel. Ce statut de “faillite hydrique” désigne un état post-crise durable où l’usage et la pollution de l’eau ont dépassé les apports renouvelables, et où le capital naturel (nappes phréatiques, zones humides, sols, rivières, glaciers) est altéré de façon irréversible ou à un coût prohibitif.

Plus de la moitié de la production alimentaire mondiale se situe désormais dans des zones où les réserves d’eau sont en baisse ou très instables. Les principaux bassins hydrographiques — du Colorado au Gange, en passant par le Moyen-Orient — affichent un stress hydrique chronique, avec des prélèvements supérieurs à 100 % de leur recharge annuelle.

Riccardo Petrella, fondateur de l’Agora de Habitants de la Terre, rappelle depuis des décennies que “personne ne peut être interdit d’accès aux biens communs” et que l’eau constitue un droit fondamental, inaliénable, humain et social, individuel et collectif. Il exige :
Une nouvelle résolution de l’ONU afin d’ajouter au droit universel à l’eau potable et à l’assainissement la reconnaissance des droits des communautés et un cadre international contraignant qui garantit un accès équitable pour chaque individu.”

Dans son ouvrage récent “Une politique planétaire de l’eau – Repenser la vie de la Terre pour un futur en commun” (décembre 2025), il renouvelle l’appel à un Contrat Mondial de l’Eau qui

  • Reconnaîtrait légalement l’eau comme bien commun public, hors de toute logique de marchandisation
  • Garantirait l’accès universel individuel et collectif à une quantité minimum vitale
  • Placerait la gestion démocratique de l’eau sous contrôle citoyen aux niveaux local, national et international
  • Interdirait la privatisation des systèmes d’approvisionnement essentiels

Face à cette urgence, l’AHT défend trois principes fondamentaux :

  • Le droit à l’eau potable un droit fondamental pour tous, sans condition et non un accès à un prix abordable/équitable promu par l’Union Européenne, forcément discriminant et clivant
  • La gestion de l’eau potable doit être publique, démocratique et transparente, basée sur le principe de la responsabilité financière collective via la fiscalité juste et redistributive et/ou le coopérativisme solidaire
  • Une Politique Mondiale de l’Eau fondé sur la création d’un Parlement Planétaire qui aura pour mission de déclarer illégales et justiciables la pauvreté et l’exclusion, d’inscrire le droit à l’eau potable dans la Déclaration universelle des droits humains, de reconnaître la personnalité juridique aux fleuves, aux lacs, aux zones humides, aux sources, aux nappes phréatiques, aux rivières et à tous les corps hydriques, d’arrêter leur étouffement par les grands barrages, de stopper la marchandisation et la privatisation de l’eau minérale naturelle… Et enfin de combattre tout égoïsme étatique et souverainisme

Vers un nouveau pacte mondial
La Conférence Mondiale de l’Eau de l’ONU (décembre 2026) constitue une opportunité historique. “Les gouvernements manquent d’ambition pour créer une politique mondiale de l’eau. La souveraineté des États se limite souvent à privilégier son État sans penser aux autres.”

L’Agora des Habitants de la Terre appelle à :
L’inscription du droit à l’eau dans la Déclaration Universelle des Droits Humains
 ✅ La création d’un fonds mondial pour l’accès universel financé par la solidarité internationale
 ✅ L’arrêt immédiat des projets de privatisation des infrastructures hydrauliques essentielles
 ✅ La mobilisation des citoyens pour transformer le droit reconnu en garanties concrètes

 

Références : ONU-Eau/UNICEF GLAAS 2025 ; Rapport WWDR UNESCO 2026 ; Appel du 28 juillet 2025 ; Manifeste de l’Eau (1998, renouvelé 2025) ; Pressenza, décembre 2025 ; Agora des Habitants de la Terre https://agora-humanite.org Pour une politique mondiale de l’eau au service de l’humanité et de la communauté mondiale de la vie sur Terre

 

Declaration-Eau-Manif-15-juillet-2026